Ce 8 décembre 2022, devant le Conseil de sécurité, Abdou Abarry, le Représentant spécial du Secrétaire général et chef du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC), a exhorté, les États d’Afrique centrale à ouvrir davantage l’espace politique et civique pour promouvoir une expression pacifique et ordonnée des opinions, et à prendre des dispositions en vue de renforcer l’inclusivité, la diversité et la crédibilité des processus politiques.
Cette ouverture est « la seule façon de rendre légitimes » les institutions issues de ces scrutins, a souligné Abdou Abarry, venu présenter le rapport semestriel du Secrétaire général sur la situation en Afrique centrale et les activités du BRENUAC du 26 mai au 8 décembre 2022.
La poursuite de la transition politique au Tchad, avec le dialogue national inclusif, notamment entre les autorités de transition et les groupes politico-militaires, ainsi que la progression du dialogue politique en République centrafricaine, figurent parmi les faits saillants durant la période à l’examen, de même que le suivi des élections à Sao Tomé-et-Principe et en Angola.
Toutefois, pour le Royaume-Uni, la transition, telle qu’elle est actuellement envisagée au Tchad, ne respecte pas les conditions posées dans le communiqué du 14 mai 2021 du Conseil de l’Union africaine pour la paix et la sécurité, ni la promesse faite par le président Mahamat Idriss Déby.
M. Abarry, qui a pris ses fonctions de Représentant spécial début septembre à Libreville, a dit avoir l’occasion unique de voir « les deux visages» de l’Afrique centrale: une terre de grands défis, mais également de formidables opportunités, notamment en matière de développement économique et social d’une part, et de consolidation de la démocratie et de l’état de droit d’autre part.
Or, si bien des élections périodiques ont été organisées, la crédibilité de celles-ci est souvent remise en cause par certains acteurs qui contestent, par la même occasion, la légitimité des dirigeants qui en sont issus, a-t-il constaté, en mentionnant également d’autres défis liés à la gouvernance et aux droits humains, ainsi qu’à la situation sécuritaire.
Il a ainsi exhorté les autorités étatiques à assurer le plein respect des droits et libertés fondamentaux et d’éviter tout usage disproportionné de la force dans le maintien de l’ordre public.
Face à la multiplication de phénomènes météorologiques extrêmes, les A3 -Gabon, Kenya et Ghana-, ont jugé urgent de mettre en œuvre des mécanismes de prévention, d’atténuation et de gestion des risques sécuritaires causés par les changements climatiques, en renforçant les capacités d’adaptation des États fragiles ou sortant d’un conflit.
Les Émirats arabes unis ont encouragé, pour leur part, le renforcement de la résilience des communautés locales, saluant les initiatives du BRENUAC tendant au soutien des acteurs mettant l’accent sur les liens entre changements climatiques et insécurité régionale.
Par ailleurs, la rivalité pour l’accès aux ressources naturelles continue d’être l’une des causes des violences intercommunautaires qui ne cessent de croître en nombre et en intensité dans certains pays de la région et dont se servent certains groupes armés, a souligné le Représentant spécial.
Il faut maintenir la pression militaire sur ces groupes dans le cadre de la Force mixte multinationale, a vivement recommandé M. Abarry, en appelant les partenaires à apporter un appui aux efforts en cours, ainsi qu’à la mise en œuvre de la Stratégie régionale de stabilisation, de redressement et de résilience des zones du bassin du lac Tchad affectées par la crise.



















