La libre circulation des biens et des personnes constitue, à n’en point douter, l’un des principaux chevaux de bataille de l’actuel gouvernement de la Commission CEMAC. A maintes reprises, le président de la Commission, Pr. Daniel Ona Ondo n’a de cesse, condamné les écueils qui entravent le processus d’intégration en Afrique centrale de manière globale, et particulièrement, la libre circulation des biens et de personnes.
C’est dans ce cadre que la mise en place d’une brigade mixte CEMAC, pour lutter contre les tracasseries et booster le commerce intra-communautaire a été évoquée. L’idée était déjà en gestation par les administrations douanières des Etats de la Cemac. Une réunion pour mieux la structurer avec les propositions des différentes parties a même eu lieu à Yaoundé au Cameroun en septembre 2020.
Au cours de cette rencontre, la clarification du statut juridique du personnel de cette brigade ; son mode d’intervention en lien avec les exigences de facilitation ; le contrôle et le suivi-évaluation des activités de la brigade ; la promotion de l’intégration par la facilitation des transports et du transit des marchandises ; la promotion de la libre circulation des personnes ; la dotation des équipes en outils modernes de contrôles non intrusifs (scanners, détecteurs de métaux, etc.) et l’actualisation des corridors d’intégration Inter-Etats en Cemac, avaient été abordés.
Cette dynamique a été poursuivie par les ministres des Finances de la CEMAC. Lors d’une réunion en visioconférence, le 9 août 2022, ils ont discuté des modalités de mise en place de cette brigade mixte inter-Etats le long des principaux corridors et aux postes-frontières.
Dans ce droit fil, lors leurs assises du 24 au 25 octobre dernier 2022, les membres du Comité Inter-Etats ont à leur tour, décidé de soumettre le projet au Conseil des ministres de l’Union économique de l‘Afrique Centrale (UEAC) annoncé pour ce vendredi 28 octobre 2022, à Yaoundé au Cameroun.
En effet, « malgré les progrès significatifs enregistrés pour booster le commerce intra-communautaire, les obstacles et entraves à la libre circulation intégrale persistent. Ils se situeraient au niveau des postes frontières et le long des principaux corridors inter-Etats. En l’absence de véritable coordination interne, les différents corps de l’Etat (police, gendarmerie, douane, santé, eaux et forêts) accomplissent leurs missions en s’adonnant à des pratiques anormales qui occasionnent quotidiennement des désagréments aux usagers. Il s’en suit le renchérissement du prix des produits originaires CEMAC provoqué par les nombreux contrôles aux postes frontières et les multiples barrières opportunistes qui jonchent les principaux corridors inter-Etats », déplore le Comité Inter-Etats.
Pour cet organe, ce projet de création d’une brigade mixte est une sorte de « dispositif communautaire de terrain » pour faciliter le passage aux frontières et la libre circulation dans les principaux corridors terrestres de la CEMAC. Il devrait contribuer à l’augmentation des échanges dans la sous-région.
Pour son fonctionnement, « l’on prévoit un numéro vert qui sera institué dans chaque Etat membre, et mis à la disposition des usagers. Ceux-ci pourront alors informer la Commission de la CEMAC à travers le Secrétariat permanent du Comité des chefs de police de l’Afrique centrale (CCPAC), des difficultés rencontrées le long des corridors. La Commission formulera en conséquence, des propositions idoines aux Etats membres, dans le sens de lever les obstacles et de faciliter la libre circulation des marchandises et des personnes ».
On ne le dira jamais assez. Quel que soit l’indicateur utilisé et la période considérée, la CEMAC reste l’une des Communautés économiques régionales (CER) les moins intégrée de l’Afrique aujourd’hui. Le volume de son commerce intra-régional n’a jamais dépassé 5% du commerce total. Et ce, malgré les décisions prises en matière de tarif extérieur commun (TEC) de libre circulation des biens et des hommes, d’harmonisation de la politique fiscalo-douanière ; il révèle en termes de résultats, le faible engagement des États.
Selon la Commission CEMAC, « face à l’étroitesse des marchés nationaux, les pays de la sous-région n’ont pas d’autre choix que de s’unir pour donner des perspectives prometteuses à la diversification des activités économiques. C’est à cette condition que la CEMAC pourrait devenir un espace économique intégré, émergent où règnent la sécurité et la bonne gouvernance ».



















