« Aux grands maux les grands remèdes ». C’est peut-être le qualificatif qui sied aux grandes ambitions énergétique nourrie par l’Afrique centrale aujourd’hui. En effet, les pays de cette sous-région ont signé, ce 09 septembre 2022 au Cameroun, un accord visant à créer un réseau régional d’oléoducs et de gazoducs et des infrastructures centrales qui, selon ses partisans, renforceront l’approvisionnement énergétique et réduiront la dépendance aux importations de produits raffinés.
Dans les détails, ce projet vise la construction de trois systèmes multinationaux d’oléoducs et de gazoducs d’environ 6 500 km, des dépôts de stockage, des terminaux de gaz naturel liquéfié, au moins trois raffineries et des centrales électriques au gaz reliant 11 pays d’ici 2030, selon les documents du projet vus par Reuters.
Le premier, le Central North Pipeline System, relie le Cameroun, la République centrafricaine et le Tchad ; le second, le Central West Pipeline System, relie la Guinée équatoriale, le Gabon et la République du Congo. Tandis que le troisième, le Central Southern Pipeline System, relie l’Angola, la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi.
Faut-il rappeler que ces pays, dont la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Gabon, le Tchad, l’Angola, la République démocratique du Congo et la République du Congo, sont tous producteurs de pétrole ou disposent de vastes réserves inexploitées de pétrole et de gaz, mais sont dépendants des importations de produits raffinés. Et qu’en outre, la plupart d’entre eux n’ont que peu ou pas de capacité de raffinage et se débattent avec des pénuries de carburant et d’électricité, aggravées par la crise ukrainienne.
Selon Gabriel Mbaga Obiang Lima, ministre des Mines et des Hydrocarbures de la Guinée équatoriale, « le projet était crucial pour lutter contre la pauvreté énergétique dans la région. Il s’inspire du gazoduc d’Afrique de l’Ouest reliant le Nigeria, le Bénin, le Togo et le Ghana, ainsi que du modèle européen où Rotterdam sert de centre de raffinage et de distribution pour plusieurs pays ».
« Ce ne sera pas bon marché, ni facile, mais si cela est fait en collaboration, cela fonctionnera », a-t-il déclaré, ajoutant que ‘’le réseau permettra de se débarrasser des camions qui sillonnent les pays et de dynamiser le marché régional du pétrole et du gaz en acheminant les produits là où ils sont nécessaires’’.
Selon des experts, le protocole d’accord pour le projet signé par l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), l’un des bailleurs de fonds et le Central Africa Business Energy Forum, ouvrira la voie à des études de faisabilité. Dane ce sens, Omar Farouk Ibrahim, secrétaire général de l’APPO, a indiqué que « le projet était l’un des projets d’infrastructure énergétique les plus ambitieux dont l’achèvement a le potentiel de changer radicalement les économies des pays participants ».
Il relève en outre qu’”Il transportera l’énergie des zones d’abondance vers les zones de besoin dans la sous-région d’Afrique centrale. Il intégrera et dynamisera les économies nationales de la sous-région d’Afrique centrale ».



















