C’est un virage à 180° que le gouvernement gabonais envisage de prendre sur la voie du social. En effet, il s’apprête à mettre en œuvre, une audacieuse politique visant le bien-être des populations sur la période 2023-2025. L’objectif recherché étant de renforcer l’amélioration des conditions de vie des personnes en difficulté sociale.
Le dispositif est décliné dans le Document de cadrage macroéconomique et budgétaire 2023-2025. Il s’articule autour de trois principaux axes : l’autonomisation des populations vulnérables ; l’accompagnement social, sanitaire et psychologique desdites populations et la prévoyance sociale.
S’agissant de l’autonomisation des populations vulnérables, elle repose sur la relance des Activités génératrices de revenus (AGR) pour permettre aux cibles sociales suivantes d’être autonomes économiquement. Ce dispositif est réservé aux personnes vivant avec un handicap ; les conjoints survivants sans ressources ; les mères célibataires âgées de moins de 45 ans et les familles vulnérables avec enfants de moins de 18 ans. L’objectif est de financer 1.000 micro-projets par an sur l’ensemble du territoire avec des subventions variant entre 500.000 francs CFA et 5.000.000 de francs CFA en fonction de la nature du projet.
Le deuxième axe qui concerne l’accompagnement social, sanitaire et psychologique des populations vulnérables, s’inscrit dans le cadre du respect des Droits de l’Homme. Il va s’effectuer à travers les programmes de poursuite de la gratuité des accouchements au profit des femmes pour une meilleure prise en charge néo-natale ; la mise en place d’un fonds des investissements des formations sanitaires publiques pour garantir la qualité et la pérennité de l’offre de soins dans le pays ; la poursuite du programme « Citoyenneté et Protection sociale » par la régularisation juridique des situations d’apatridie et des peuples autochtones à travers l’établissement d’actes de naissance ; la distribution des aides sociales directes et indirectes (transferts monétaires, achat des matériels spécialisés pour les personnes handicapées, prises en charge de la scolarité et de certains biens et services) ; la mise en fonctionnement des centres de prise en charge des enfants autistes et trisomiques Akomgha et Ndossi.
A cela s’ajoutent la réhabilitation et l’équipement du Centre d’accueil pour enfants en difficulté sociale (CAPEDS) ; l’appareillage, la prise en charge de la scolarité et l’orientation professionnelle des apprenants de l’Ecole nationale des élèves déficients auditifs (ENEDA) ; la réhabilitation des structures d’accueil de la petite enfance (haltes-garderies, crèches et centres d’éducation préscolaire).
En ligne de mire également, la protection de la veuve et de l’orphelin ; la prise en charge des enfants des rues et abandonnés dans les centres d’accueil ; le placement et l’accompagnement juridique des enfants recueillis dans les familles d’accueil pour adoption ; la réhabilitation de l’habitat social des sites des personnes handicapées ; la réhabilitation de l’hôtel la CAN de Nzeng-Ayong en vue de l’ouverture du centre des femmes victimes de violences.
Le dernier axe porte sur la prévoyance sociale. Il concerne l’amélioration de la couverture sociale du secteur privé par la révision des textes, du paramétrage des droits et de la gouvernance des régimes de sécurité sociale gérée par la Caisse nationale de sécurité sociale ; la révision des textes, la redynamisation du modèle économique et la gouvernance de la couverture maladie universelle gérée par la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale.
Ainsi, sur la période 2023-2025, le gouvernement s’engage à consolidera sa politique de lutte contre la précarité, les inégalités sociales et toutes formes de violences sur les axes de l’autonomisation et de l’accompagnement des populations vulnérables.
Un pari bien ambitieux. Surtout lorsque d’après l’Enquête gabonaise pour l’’évaluation et le suivi de la pauvreté (EGEP) de 2017, malgré d’abondance des ressources naturelles dont dispose le pays, un Gabonais sur trois vit dans la pauvreté et environ un Gabonais sur dix souffre d’extrême pauvreté.
Ainsi, 33,4 % de la population vivrait en dessous du seuil national de pauvreté établi selon la méthode du coût des besoins essentiels, qui est fixé à 840 400 FCFA par habitant par an (soit environ 5,70 USD par jour en parité de pouvoir d’achat [PPA]).



















