Après le Fonds monétaire international (FMI), la Direction générale du Trésor français et la Banque africaine de développement (BAD), il y a quelques jours, c’est au tour de la Banque mondiale de faire une mise au point plus ou moins élogieuse de la situation économique du pays.
Dans une récente analyse datant du mois de juin en cours, l’institution de Bretton Woods révèle que la reprise économique du Gabon est en cours, même si une gouvernance inadéquate et un mauvais climat des affaires demeurent des défis majeurs, pour canaliser la richesse des ressources vers le développement durable et assurer une amélioration généralisée des conditions de vie.
Selon l’institution onusienne, l’économie gabonaise, après une récession en 2020 causée par la pandémie de Covid-19 et les chocs des prix du pétrole, a connu une croissance estimée à 1,5 % en 2021. Tirée en grande partie par l’essor des secteurs minier et forestier. En effet, la bonne performance des industries du bois et du manganèse, combinée à la hausse des prix des matières premières a contribué à une augmentation globale des recettes d’exportation.
Cette dynamique fait également observer que le solde budgétaire s’est légèrement détérioré pour atteindre environ 2,5 % du PIB en 2021. L’on estime également que le déficit du compte courant s’est réduit à 4,9 % du PIB en 2021. Tandis que la dette publique tombée à 70,5 % du PIB fin 2021 reste soutenable, malgré les risques élevés. Le gouvernement a poursuivi les efforts pour maîtriser les dépenses tandis que les dépenses d’investissement ont augmenté.
Dans l’ensemble, la Banque mondiale, l’économie gabonaise devrait prendre de l’élan et croître en moyenne de 2,8 % en 2023-24 fait constater. Seulement, ajoute-t-elle, la croissance à moyen terme dépendra essentiellement de l’engagement du gouvernement en faveur des réformes structurelles et de la diversification économique.
Sous un tout autre aspect, l’institution onusienne souligne néanmoins que la flambée des prix des matières premières agricoles due au conflit en Ukraine pourrait aggraver l’insécurité alimentaire et affecter de manière disproportionnée les plus vulnérables. Et que la hausse des prix mondiaux du pétrole attendue pour l’horizon de prévision pourrait retarder la mise en œuvre de mesures visant à diversifier les exportations, à renforcer les filets de sécurité sociale et à promouvoir la concurrence.
Elle soutient par ailleurs que la mise en œuvre soutenue des réformes visant à renforcer la gestion des finances publiques et l’efficacité de l’investissement public reste cruciale pour répondre aux besoins de développement du pays et améliorer ses perspectives de croissance.
Mais alors que la hausse des prix du pétrole soutiendra la reprise, la transformation du modèle de croissance du Gabon pour favoriser une croissance verte et inclusive et accélérer la création d’emplois reste cruciale alerte l’institution onusienne.
En outre, « l’augmentation du capital humain reste une priorité pour relever le défi de la diversification économique et réduire le risque de troubles sociaux dans un contexte de chômage élevé. Des efforts visant à améliorer les pratiques en matière d’établissement de rapports et de passation des marchés s’avèrent aussi cruciaux pour moderniser et renforcer la gestion des investissements publics. Malgré le contexte économique mondial difficile, il est crucial pour le Gabon d’accélérer ses efforts pour gérer la volatilité macroéconomique due aux chocs externes, préconise ce partenaire multilatéral. Qui ne manque de décliner de spécifier la clé de son action », préconisent les experts de le BM.
Laquelle consiste donc à constituer des réserves budgétaires, en renforçant la mobilisation des recettes intérieures et en garantissant une allocation plus sélective des exonérations fiscales. Les efforts visant à favoriser la transparence dans la gestion des ressources naturelles devraient également être intensifiés, afin de réduire les vulnérabilités budgétaires.
Le taux de pauvreté est estimé à 34,1 % en 2021
Malgré ces signes de reprise, les conditions de vie n’ont pas encore retrouvé leurs niveaux d’avant la crise du Covid-19, lorsque les niveaux d’emplois ont souffert de mesures restrictives, entraînant d’importantes pertes de revenus, en particulier pour les travailleurs indépendants et les travailleurs informels. La BM préconise enfin, la mise en œuvre de mesures visant à renforcer le recouvrement des recettes intérieures et à rationaliser les exonérations fiscales. Lesquelles contribueraient à accroître les recettes fiscales, et les recettes pétrolières seraient favorablement impactées par la hausse des prix mondiaux du pétrole.




















