Les bons comptes de bons amis. Serait-on tenté de dire. En effet, le ministère de l’Economie et de la Relance et la représentation de la Banque africaine de développement (BAD) au Gabon tiennent des des du 11 au 13 mai courants, en vue de passer en revue, l’ensemble des niveaux d’exécution, aussi bien physiques que financiers, des projets bénéficiant de l’appui de la BAD.
L’un des objectifs visés est de trouver des solutions aux écueils que les coordinations rencontrent à la fois, en terme d’interactions et d’administration ou avec la banque. Cette rencontre revêt un intérêt particulier. Car, les recommandations issues de ces assises seront soumises aux ministres sectoriels, afin d’accélérer l’exécution de ces projets qui participent de la mise en œuvre du Plan d’accélération de la transformation (PAT).
Faut-il le rappeler, le Groupe de la Banque africaine de développement vient de présenter sa stratégie pour le Gabon au cours de la période d’extension 2021-2022. Il s’agit d’une mise à jour du Document de stratégie pays (DSP) pour la période 2016-2020. Il est axé sur deux piliers à savoir : appui à la diversification économique à travers le développement des infrastructures et l’amélioration du climat des affaires et appui à la stratégie de développement humain.
Il convient de relever que la mise en œuvre du DSP 2016-2020, a été perturbée par les évènements politiques de 2018 et 2019 qui ont retardé sa revue à mi-parcours approuvée par le Comité d’opérations et d’efficacité du développement (CODE), en juillet 2019, avec maintien des piliers.
Dans son ensemble, a mise en œuvre du DSP 2016-2020 a contribué à atténuer les impacts de la crise économique consécutive à la chute des cours du pétrole en 2014. Grâce au Plan de relance de l’économie (PRE) 2017-2019, soutenu par les partenaires au développement, dont la BAD, le Gabon est sorti progressivement de la récession. Le taux de croissance du PIB réel qui avait chuté de 5,5% en 2013 à 0,5% en 2017 est remonté pour atteindre 3,9% en 2019. Le solde budgétaire est passé de -6,6% du PIB en 2016 à +0,7% en 2019.
Toutefois, ces progrès économiques n’ont pas suffisamment amélioré la situation sociale du pays. Le taux de pauvreté monétaire reste élevé et n’a pas beaucoup évolué ces dernières années, passant de 34% en 2015 à 33,4% en 2017. Depuis mars 2020, les effets de la pandémie de la Covid-19 ont détérioré les perspectives de croissance et aggravé les positions extérieure et budgétaire du pays.
Le programme opérationnel du DSP a été globalement réalisé sur la période 2016-2020 avec toutefois une efficience des interventions globalement limitée. Sur les 18 opérations prévues sur la période du DSP, 11 opérations ont été approuvées d’une valeur de 936,31 millions UC (MUC) et sept opérations d’une valeur de 321,2 MUC n’ont pas été réalisées.
Par ailleurs, sept opérations d’un montant de 121,73 MUC, non prévues dans le programme, mais en cohérence avec les piliers du DSP, ont été approuvées. De manière globale, le DSP actuel a enregistré une avancée notable comparativement au précédent DSP 2011-2015 dont les approbations se limitaient à 3 opérations pour un montant de 10,51 MUC. Les différentes réformes initiées dans le cadre des appuis budgétaires en soutien à l’accord triennal (2017-2019) du FMI ont contribué à la stabilité macroéconomique du pays.
Sur la période du DSP, en tant que pays à revenu intermédiaire (7 170 USD de PIB par tête en dollars courants de 2019), le Gabon a bénéficié d’une diversité de sources de financement dont principalement des ressources des guichets public et privé de la BAD (977,01 MUC soit 92,3%), et de différents autres fonds dont le FAT/PRI (5,59 MUC soit 0,5%).
Sur les 21 résultats prévus, 4 (19%) ont été totalement atteints à la mi-mai 2021, 5 (24%) sont en voie de réalisation, tandis que 12 (57%) accusent un retard. Par ailleurs, sur les 27 produits prévus, 6 (22%) ont été entièrement réalisés, sept (26%) ont été partiellement réalisés ou sont en cours de réalisation et 14 (52%) n’ont pas été mis en œuvre, en raison des retards dans l’exécution des projets auxquels ils sont liés.
Pour la BAD, l’évaluation de la performance du portefeuille national est jugée insatisfaisante avec une note de 2,37 sur une échelle de 1 à 4. Ce portefeuille est caractérisé par : un taux élevé (60%) de projets connaissant des défis de mise en œuvre et de projets à risque (33%) ; une capacité d’absorption des ressources très faible avec un taux moyen de décaissement de 14,51% hors appui budgétaire et 23,06% si on tient compte des appuis programmatiques ; des retards dans le démarrage des projets et des lenteurs dans la passation des marchés.
Et enfin, les actions envisagées dans le Plan d’amélioration de la performance du portefeuille pays (PAPP) 2021 permettront d’améliorer la performance du portefeuille et la diminution des projets à risque. Tandis que les principaux enseignements tirés de la mise en œuvre du DSP sur la période 2016-2020 contribueront à l’amélioration de la qualité à l’entrée des opérations à venir et à la performance du portefeuille.



















