En effet, au-delà de la nécessité de diversifier les sources de croissance, souligne la Direction générale du Trésor français, la diversification économique peut être vue sous deux aspects : pour le premier, elle permet d’assurer une résilience aux chocs sur les exportations de la sous-région, qui restent actuellement trop dépendante de l’exportation brute de pétrole et de matières premières.
Selon le PREF CEMAC (Programme des réformes économiques et financières de la CEMAC), celles-ci représentent encore environ 64 % des exportations totales de la CEMAC (et 41 % de ses recettes budgétaires).
En ce qui concerne le second, elle permet de limiter les importations de certains produits de première nécessité (alimentation, ciment, etc.), par la zone, et ainsi de limiter le déficit de la balance commerciale, de manière structurelle, et plus particulièrement en cas de choc sur les matières premières exportées.
La crise sanitaire a, en CEMAC comme dans beaucoup de régions du monde, augmenté la pertinence d’une production stratégique locale, notamment dans un contexte d’augmentation des tensions sur le commerce international (notamment sur le coût du fret), rendant plus forte la nécessité d’une stratégie d’«import substitution », en favorisant l’investissement dans une production locale.
Depuis le choc précédent, et notamment sous l’impulsion des conférences extraordinaires des chefs d’Etat de la CEMAC, les pays de la sous-région ont lancé des mesures pour sortir de la dépendance du pétrole en diversifiant les sources de leur croissance et d’emplois.
Ces impulsions se sont traduites par des plans de réformes structurelles visant le développement d’autres secteurs d’activité, et une meilleure intégration sous régionale.
Ces plans se sont déclinés au niveau régional et national. Au niveau régional, la CEMAC s’est ainsi dotée d’un PREF qui vise à accentuer les réformes allant dans ce sens.
Au niveau national, ce PREF est appuyé par les différentes politiques publiques nationales (par exemple, la Stratégie nationale de développement au Cameroun, un Plan national de développement au Congo et au Tchad, le Plan stratégique Gabon émergent, ou encore le plan Guinée équatoriale 2035) qui ont connu des succès hétérogènes certaines réussites étant présentées dans la suite de cette lettre.
Pour autant, un long chemin reste à parcourir, pour que les différents plans de réformes engagés au niveau national puissent produire des résultats concrets, et durables.



















