Que se soient en République centrafricaine où au Mali, l’hexagone a visiblement du mal à cacher son anxiété voir sa frilosité, vis-à-vis du déploiement de la sécurité privée russe Wagner, dans ses ex-colonies.
A preuve, la récente déclaration du Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, à la tribune des Nations Unies le 25 septembre 2021, ainsi que l’interview donnée aux médias français en marge de cette rencontre, sont loin d’avoir fait baisser la tension. Au contraire, ces deux sorties ont davantage mis de l’huile sur un feu qui couvent depuis quelques mois déjà.
Car, bien avant cela, le 24 septembre dernier, le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian a mis en garde son homologue russe, Sergueï Lavrov contre une implication de la société paramilitaire russe Wagner au Mali.
Si les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, l’on est donc droit de s’attendre à une véritable escalade entre Bamako et Paris, dans un avenir très proche. Si du moins, les autorités de la transition maliennes finissent par parapher des accords avec la très redoutable société Wagner.
A preuve, à cause de cette même société, la tension entre Paris et Bangui atteint désormais des proportions inquiétantes. Selon des révélations d’Africa Intelligence, site professionnel sur l’actualité politique et économique en Afrique, la brouille entre les autorités du bord de l’Oubangui et celles du bord de la Seine est mon,tée d’un cran depuis le début de ce mois de septembre en cours.
En effet, rapporte le site, les officiels centrafricains sont sous surveillance française. Au courant de ce mois de septembre, la France a refusé des demandes de visas de circulation à plus d’une dizaine d’officiels centrafricains. Une situation symptomatique des tensions entre les deux pays, qui pourrait s’aggraver à l’aune de futures enquêtes judiciaires.
Selon, la source, l’histoire n’est qu’un énième épisode des tensions qui entourent le sujet de la délivrance de visas Schengen aux officiels centrafricains, mais cette démarche française pourrait être suivie d’un éventail de sanctions plus poussé : en route pour l’Assemblée générale des Nations unies à New York qui a débuté le 20 septembre, la délégation du président Faustin Archange Touadéra a connu une halte rocambolesque à Paris.
Arrivée à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle sur les coups de 18 heures par le vol Air France AF 773, le groupe n’a pas pu obtenir de visa de circulation, à l’exception du chef de l’Etat.
Pourtant formulée dès mi-septembre par la diplomatie centrafricaine, la demande a été refusée par Paris, qui leur a seulement délivré des visas de transit.
Résultat, les membres de la délégation qui n’étaient pas détenteurs d’un document d’entrée à titre personnel (carte de séjour, passeport) n’ont pu sortir de l’aéroport. Un autre qui, lui, disposait d’une carte de séjour renouvelée en 2020, a vu sa demande de visa de circulation et transit refusée.
Des restrictions depuis le printemps
C’est que, agacé des messages « anti-français » et de la coopération entre Bangui et la compagnie de sécurité privée russe Wagner, Paris poursuit, depuis le printemps, une politique de restriction en la matière. Ainsi, pour sa tournée estivale en France en juillet, la ministre des affaires étrangères Sylvie Baïpo-Témon – qui dispose de la nationalité française – fut contrainte d’utiliser ses documents personnels.
Ces décisions administratives, actées depuis Paris, ont été froidement accueillies sur les bords du fleuve Oubangui. Les médias proches du pouvoir s’en sont pris directement à l’ambassadeur de France en poste dans la capitale centrafricaine, Jean-Marc Grosgurin, accusé de « créer une barrière diplomatique entre Bangui et Paris ».
Tracfin surveille les avoirs centrafricains en France
La situation pourrait d’ailleurs s’aggraver. Outre l’étude approfondie des cartes de séjour dans l’Hexagone de plusieurs proches de Touadéra, l’agence française Tracfin, chargée de la lutte contre la fraude fiscale et le blanchiment d’argent, se penche sur le cas de plusieurs personnalités centrafricaines.
De nombreux ministres ou conseillers présidentiels sont Français, ou ont des liens proches avec la France. L’agence, sous tutelle du ministère de l’économie, prend soin depuis plusieurs mois d’analyser les avoirs et flux financiers jugés « suspects » en provenance de la Centrafrique. L’acquisition de biens mobiliers en France par plusieurs d’entre eux pourrait alimenter un éventuel dossier de « biens mal acquis« centrafricain.
Une situation déjà médiatisée dans la presse centrafricaine, dont plusieurs organes proches de l’opposition ont multiplié ces derniers mois les « révélations » sur les situations personnelles de figures banguissoises dans l’Hexagone.
Pour rappel, le Groupe Wagner crée en 2013, est connu comme PMC Wagner, ChVK Wagner, ou CHVK Vagner, est une société militaire privée russe ayant recours au mercenariat, active notamment lors de la guerre du Donbass et la guerre civile syrienne mais aussi dans d’autres zones de conflits à travers le monde. Ses zones d’opération sont l’Ukraine, la Syrie, le Soudan, le Libye, la Centrafrique, le Venezuela, Madagascar et le Mozambique.



















