En cette période de double crise économique et sanitaire, les Etats de la CEMAC peuvent continuer à compter sur l’institution de Brettons Woods qu’est la Banque mondiale, pour juguler les effets de cette crise.
Ce soutien a été réitéré par le président du Groupe de la Banque mondiale, David Malpass, lors du Sommet des chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, tenu le 18 août 2021, à Yaoundé au cameroun.*
A l’occasion, M. Malpass a dressé un diagnostic sans complaisance de la situation économique de la zone, révélant à cet effet que le Covid-19 aggrave les défis de longue date de la région. Conséquences, a-t-il souligné, « La croissance est devenue négative et il y a eu une perte généralisée d’emplois et d’opportunités économiques. Les déséquilibres budgétaires et extérieurs se sont creusés, réduisant la marge de manœuvre des gouvernements pour réagir. De plus, la forte baisse des prix du pétrole pendant la pandémie a de nouveau exposé la vulnérabilité de la CEMAC à la volatilité de la demande et des prix des matières premières. De profondes réformes structurelles sont plus que jamais nécessaires pour garantir la cohésion sociale et placer la région sur la voie d’un développement durable et plus inclusif ».
Dans ce contexte difficile, le Groupe de la Banque mondiale a maintenu un partenariat de longue date avec la CEMAC et ses membres individuels, fournissant une gamme de soutiens comprenant des programmes d’investissement, un appui budgétaire, des services de conseil et une assistance technique, a déclaré David Malpass.
Avant d’ajouter, « À ce jour, les engagements nets au titre de notre portefeuille lié à la CEMAC s’élèvent à plus de 5 milliards de dollars, couvrant des investissements dans le capital humain, les infrastructures, l’énergie, la foresterie et l’agriculture ».
Depuis le début de la pandémie de Covid, a poursuivi, M. Malpass, la Banque a intensifié son soutien, y compris le financement de programmes dans les domaines de la santé, de l’adaptation, des filets de sécurité sociale, de l’éducation et des services numériques.
« Nous fournissons un financement pour le vaccin Covid-19 et nous sommes prêts à l’augmenter. En outre, nous travaillons en partenariat avec l’Union africaine pour soutenir l’Africa Vaccine Acquisition Trust (AVAT) avec des ressources pour acheter et déployer des vaccins à dose unique pour jusqu’à 400 millions de personnes à travers l’Afrique. Le financement s’étend jusqu’au déploiement, et je ne saurais trop insister sur l’importance de votre leadership dans le déploiement de ces programmes. Le groupe de travail des dirigeants multilatéraux sur les vaccins contre le Covid-19 a appelé à plusieurs reprises les économies avancées à libérer leurs doses excédentaires et leurs options afin que les pays en développement, dont beaucoup en Afrique, puissent se préparer à les recevoir et à les déployer », a-t-il indiqué.
Selon le président du Groupe de la Banque mondiale, l a pandémie a laissé de nombreux pays membres de la CEMAC avec des niveaux d’endettement élevés. La transparence et la viabilité de la dette seront vitales pour une reprise durable et attirer de nouveaux investissements.
« Au début de la pandémie, j’ai proposé avec Kristalina un large moratoire sur le service de la dette. La DSSI du G20 – qui a profité au Cameroun, à la RCA, au Tchad et au Congo – a fourni un soutien en liquidités et un espace budgétaire supplémentaire pour aider à répondre à l’urgence sanitaire. Un allégement durable de la dette sera nécessaire pour encourager l’investissement et la croissance, et nous travaillons à un solide cadre commun du G20 pour le traitement de la dette. Le Tchad a été le premier pays à demander sa participation au Cadre commun. Pour réussir, il faudra la pleine participation des créanciers commerciaux au règlement de la dette et des instruments équivalents à la dette, y compris un traitement comparable utilisant des taux d’actualisation cohérents », a-t-il indiqué.



















