La Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) vient de publier son rapport sur l’évolution des finances publiques dans la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC), pour le compte du quatrième trimestre 2020.
Dans son rapport, la BEAC présente aussi bien l’exécution des finances publiques que l’évolution de la dette publique consolidée dans la zone, dans les six Etats, à savoir le Congo, le Cameroun, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la RCA et le Tchad.
Ainsi, depuis la fin du premier trimestre 2020, les activités économiques dans la zone CEMAC sont fortement impactées par les différentes mesures prises pour limiter la propagation de la Covid-19 dans la population souligne tout d’abord la Banque centrale.
Avant d’indiquer que « Cette baisse d’activités dans un contexte de chute des cours et des recettes pétrolières a entrainé par voie de conséquence une dégradation des finances publiques et un accroissement de l’endettement des Etats ».
Avec l’assouplissement des restrictions faites à partir du deuxième trimestre 2020 pour éviter un déraillement total des économies, et surtout alléger le poids des mesures d’assistance sur des recettes publiques en baisse, la BEAC souligne qu’une timide reprise s’est enclenchée au troisième trimestre, et s’est consolidée au quatrième trimestre.
Malgré ce rétropédalage au niveau des mesures de restriction anti-Covid, la gestion des finances publiques s’est soldée par un déficit budgétaire, base engagements dons compris représentant environ 2.9% du PIB en 2020 contre un déficit estimé à 0.1% en 2019.
En évolution trimestrielle, les recettes budgétaires des Etats de la CEMAC ont connu une hausse au quatrième trimestre, passant d’environ 2 338 milliards à fin septembre 2020, à environ 2 688 milliards à fin décembre 2020. En glissement annuel, elles ont également connu une hausse, plus accentuée (environ 20%).
En effet, la remontée du cours du baril de Brent dès novembre a eu un impact sur les recettes pétrolières. De même, la levée des barrières et autres restrictions a permis un déverrouillage de certaines activités, ce qui a entrainé une augmentation des recettes non pétrolières.
S’agissant des droits de douane, ils ont connu, pour l’ensemble de la zone, une hausse de 5% au quatrième trimestre 2020, malgré la situation de la RCA qui en plus d’avoir vu sa frontière avec le Cameroun fermée, a également eu un blocage au niveau du corridor Bangui- Garoua Boulai par les groupes armés. Selon les estimations, la plus forte hausse des recettes douanières a été enregistrée au Congo (+9%).
En RCA, l’exécution du budget a été rythmée par la gestion de la crise sanitaire, et par les dépenses liées aux élections présidentielles, les recettes se sont ainsi dégradées de 23% en glissement trimestriel.
Au Congo, sous la période revue, les recettes se sont accrues de 6% au quatrième trimestre ; au Gabon, à fin septembre, les recettes de l’Etat étaient en baisse de 19,3% comparativement aux neuf premiers mois de l’année 2019, imputable au repli conjoint des recettes pétrolières et non pétrolières. Mais, à fin décembre, elles étaient en hausse de 61% par rapport au trimestre précédent.



















