Comment sortir de l’étau de la dépendance alimentaire dans lequel est empêtré le Gabon depuis des lustres ? La question était au cœur des travaux menés par la Task force consacrée à la promotion des investissements privés au Gabon, ce 19 mai 2021.
Cette séance de travail était présidée par les ministres de la Promotion des investissements, Carmen Ndaot et celui de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Biendi Mganga Moussavou. Elle aura ainsi permis de mieux cerner les multiples enjeux charriés par la substitution des importations par la production locale.
De manière concrète, il s’agissait du lancement des activités relatives au quatrième axe, de la stratégie de renforcement de la souveraineté alimentaire du pays, dont l’enjeu s’est d’autant plus renforcé dans le contexte de la crise de la Covid. Il était également question de plancher sur le développement des filières exportatrices.
Sur ces deux principaux objectifs, l’ambition du gouvernement est claire : réduire progressivement les importations des produits alimentaires de 35%, à l’horizon 2023 et de 50% à l’horizon 2025. En effet, les importations alimentaires coûtent actuellement près de 550 milliards de FCFA en moyenne par an, à l’Etat.
Occasion pour le ministre Carmen Ndaot de décliner les attentes portées sur ces portée sur ces travaux. « Ces travaux permettront à chacun des groupes qui seront constitués, de travailler de manière spécifique pour la filière alimentaire et de voir comment nous pouvons envisager une production locale considérable de produits identifiés, faisant l’objet d’une importante importation au niveau du Gabon ».
De manière plus acerbe, le ministre de l’Agriculture a, quant à lui, indiqué que : «Les importations constituent un cancer qui empêche l’économie locale de se développer». Et d’ajouter, «C’est une concurrence économique entre les différents pays producteurs et ce que nous voulons aujourd’hui, c’est développer notre souveraineté alimentaire».
Il a de ce fait, salué l’opportunité de ces échanges. Car, selon lui, « elles donnent l’occasion de renforcer la transversalité de l’action gouvernementale puisque les sujets sont traités de manière collective et de se rendre compte de ce qui existe comme efforts faits par le gouvernement pour les producteurs et par les producteurs en faveur de notre autonomie alimentaire», a-t-il indiqué.
Selon le gouvernement, la substitution des importations par la production locale s’avère hautement stratégique. Car, « elle devra favoriser l’accélération de l’industrialisation des secteurs prioritaires, ainsi que la création d’emplois directs dans les secteurs de l’agroalimentaire. En outre, elle devra participer à la réduction du cout de l’alimentation ».
A l’occasion de cette séance de travail, un état des lieux des secteurs visés par cette stratégie a été dressé par Ghislain MBOMA le Directeur général de l’Agence national de promotion des investissements (ANPI), par ailleurs, chef de projet de la Task-Force promotion des investissements privés.
Dans ce droit fil, i a également décliné les objectifs poursuivis par chacune des filières alimentaires concernées. Notamment, les filières viticole, porcine et bovine, le cadre juridique en vigueur ainsi que les perspectives d’attractivité des investissements.
Faut-il le rappeler, la stratégie de renforcement de la souveraineté alimentaire découle de l’analyse de la balance commerciale du pays. Laquelle a permis d’identifier les produits de consommation courante les plus importés. Sur cette base et selon les orientations du Plan d’accélération de la transformation (PAT) indique-on, les filières porteuses de l’agroalimentaire ont été sélectionnées.
Pour la bonne gouverne, ces travaux prévus pour une durée de deux mois, devraient déboucher sur l’élaboration d’une feuille de route, fixant les modalités de réalisation des projets identifiés dans les filières concernées et en tenant compte des capacités nationales de réinvestissements.
Ils font également suite aux premières activités de cette Taskforce portant sur la finalisation du projet de loi portant orientation de la politique des investissements (Code désinvestissements), par l’examen des dispositions relatives au développement harmonieux du territoire national et à l’éligibilité à l’agrément investisseur.



















