Le rapport de l’évolution récente et les perspectives pour 2020, de la communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont désormais disponibles. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la première grande leçon à tirer est que dans l’ensemble, la croissance et l’inflation ont été un peu inférieures aux prévisions en 2019.
Ainsi, la croissance légèrement supérieure aux prévisions au Gabon n’a pas suffi à compenser les résultats décevants de la République centrafricaine et du Congo (perturbations techniques temporaires dans deux champs pétroliers), et la croissance globale a atteint 1,9 %, soit 0,6 point de pourcentage de moins que prévu, reflétant la dynamique de la croissance non pétrolière. L’inflation a décéléré plus que prévu et s’établissait à moins de 2 % à fin décembre 2019.
Dégradation des résultats budgétaires au Cameroun, au Congo et au Gabon
L’exécution globale du budget a été à peu près conforme aux objectifs au premier semestre 2019, mais les déficits se sont creusés au second semestre. Par conséquent, les soldes budgétaires pour 2019 sont restés globalement inchangés en moyenne par rapport à 2018 et le déficit global s’est élevé à 0,3 % du PIB. Les contre-performances sont observées principalement au Cameroun, au Congo et au Gabon, sous l’effet conjugué de dépassements des dépenses et de l’absence de hausse des recettes non pétrolières. La dette publique a augmenté et s’approche de 52 % du PIB, certains pays rencontrant des problèmes très complexes.
Après de bons chiffres au 1er semestre 2019, les avoirs extérieurs nets à fin décembre 2019 étaient inférieurs aux niveaux prévus dans les dernières assurances de politique régionale
Les politiques régionales restrictives ont aidé à maintenir une meilleure position extérieure en 2019, mais les réserves extérieures n’ont pas atteint les objectifs à fin 2019 et fin juin 2020. Un taux directeur réel positif depuis fin 2018 et l’application plus rigoureuse de la réglementation des changes ont contribué à l’expansion des réserves de change.
Après de bons chiffres au 1er semestre 2019, les avoirs extérieurs nets à fin décembre 2019 étaient inférieurs aux niveaux prévus dans les dernières assurances de politique régionale (4,0 milliards d’euros, contre 4,7 milliards d’euros) en raison de financements extérieurs moindres qu’anticipés au cours du second semestre 2019 (de l’équivalent de 0,4 milliard d’euros) et de dépassements des déficits budgétaires.
Au cours du 1er semestre 2020, avec un financement extérieur des programmes globalement conforme aux attentes et une émission d’euro-obligations avancée au Gabon, l’accumulation d’avoirs extérieurs nets a été conforme aux prévisions antérieures à la Covid – 19 jusqu’en juin, mais la prévision à fin juin 2020 a été manquée elle aussi car l’insuffisance enregistrée à fin 2019 n’a pas été compensée. En raison de l’effet décalé de la baisse des cours du pétrole, les réserves ont diminué au 3e trimestre 2020, effaçant la majeure partie des gains comptabilisés depuis fin décembre 2019, tandis que la couverture des importations par les réserves brutes équivalait encore à 3,5 mois d’importations à fin septembre 2020.



















