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Accueil International

Afrique subsaharienne : Les régimes non démocratiques sapent les efforts de lutte contre la corruption

La Rédaction par La Rédaction
février 16, 2021
dans International
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L’indice de perception de la corruption (IPC) de cette année présente un tableau très sombre pour l’Afrique – seuls huit pays sur 49 enregistrent plus de 43 sur 100 de l’indice.

Malgré les engagements pris par les dirigeants africains en déclarant que 2018 est l’Année africaine de la lutte contre la corruption, cela ne s’est pas encore traduit par des progrès concrets. Les Seychelles obtiennent un score de 66 sur 100, ce qui en fait le sommet de la région. Les Seychelles sont suivies par le Botswana et le Cap-Vert, avec des scores de 61 et 57 respectivement.

Au tout bas de l’indice pour la septième année consécutive, la Somalie marque 10 points, suivie du Soudan du Sud (13) pour compléter les scores les plus bas de la région. Avec une note moyenne de seulement 32, l’Afrique subsaharienne est la région la moins performante de l’indice, suivie de près par l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, avec une note moyenne de 35.

Corruption et crise de la démocratie

L’Afrique subsaharienne demeure une région de contrastes politiques et socio-économiques marqués et de nombreux défis de longue date. Un grand nombre de pays ont adopté des principes démocratiques de gouvernance, mais plusieurs sont encore gouvernés par des dirigeants autoritaires et semi-autoritaires. Les régimes autocratiques, les troubles civils, les institutions faibles et les systèmes politiques irresponsables continuent de saper les efforts de lutte contre la corruption.

Des pays comme les Seychelles et le Botswana, qui affichent un indice de l’IPC plus élevé que d’autres pays de la région, ont quelques attributs en commun. Tous deux disposent de systèmes démocratiques et de gouvernance qui fonctionnent relativement bien, ce qui contribue à leurs scores. Cependant, ces pays sont l’exception plutôt que la norme dans une région où la plupart des principes démocratiques sont menacés et où la corruption est élevée.

Améliorations 

Malgré les faibles performances globales de l’Afrique subsaharienne, quelques pays ont mis fin à la lutte contre la corruption et ont réalisé des progrès notables.

Deux pays – la Côte d’Ivoire et le Sénégal – figurent, pour la deuxième année consécutive, parmi les principaux agents d’amélioration de l’IPC. Au cours des six dernières années, la Côte d’Ivoire est passée de 27 points en 2013 à 35 points en 2018, tandis que le Sénégal est passé de 36 points en 2012 à 45 points en 2018.

Ces gains peuvent être attribués aux conséquences positives de la législation, des politiques et des politiques. Les réformes institutionnelles entreprises dans les deux pays ainsi que la volonté politique dans la lutte contre la corruption manifestée par leurs dirigeants respectifs.

Avec un score de 37, la Gambie a amélioré sept points par rapport à l’année dernière, tandis que les Seychelles en ont gagné six, avec un score de 66. L’Érythrée a également gagné quatre points, marquant un score de 24 en 2018. En Gambie et en Érythrée, un engagement politique combiné à des lois, des aides à la mise en œuvre de la lutte contre la corruption.

Déclins

Au cours des dernières années, plusieurs pays ont enregistré une forte baisse de leurs indices IPC, notamment le Burundi, le Congo, le Mozambique, le Libéria et le Ghana.

Au cours des sept dernières années, le Mozambique a perdu 8 points, passant de 31 en 2012 à 23 en 2018. L’augmentation du nombre d’enlèvements et d’attaques dirigés contre des analystes politiques et des journalistes d’investigation crée une culture de la peur préjudiciable à la lutte contre la corruption.

Abritant l’un des plus importants scandales de corruption en Afrique, le Mozambique a récemment été mis en accusation par plusieurs hauts responsables de son ancien gouvernement par des responsables américains. Manuel Chang, ancien ministre des Finances et banquier du Crédit Suisse, est accusé d’avoir dissimulé plus de 2 milliards de dollars de prêts et de pots-de-vin cachés.

De nombreux pays peu performants ont plusieurs points communs, dont peu de droits politiques, une liberté de la presse limitée et un État de droit faible. Dans ces pays, les lois ne sont souvent pas appliquées et les institutions manquent de ressources et sont peu en mesure de traiter les plaintes de corruption. En outre, les conflits internes et les structures de gouvernance instables contribuent à des taux de corruption élevés.

Pays à surveiller

L’Angola, le Nigéria, le Botswana, l’Afrique du Sud et le Kenya sont des pays importants à surveiller, compte tenu de certains développements politiques prometteurs. Le véritable test consistera à déterminer si ces nouvelles administrations donneront suite à leurs engagements en matière de lutte contre la corruption.

Avec un score de 27, le Nigéria est resté inchangé en ce qui concerne l’IPC depuis 2017. La corruption était l’un des principaux problèmes avant les élections de 2015 et devrait rester une priorité à l’ordre du jour du pays alors qu’il se prépare pour l’élection présidentielle de cette année. Février.

L’administration nigériane Buhari a pris plusieurs mesures positives au cours des trois dernières années, notamment la création d’un comité consultatif présidentiel contre la corruption, l’amélioration du cadre juridique et politique anti-corruption dans des domaines tels que les marchés publics et la déclaration des avoirs, et le développement d’une stratégie nationale de lutte contre la corruption, entre autres. Cependant, ces efforts n’ont clairement pas donné les résultats souhaités. Au moins pas encore.

Avec un score de 19, l’Angola a augmenté de quatre points depuis 2015. Le président Joao Lourenco défend les réformes et s’attaque à la corruption depuis son entrée en fonction en 2017, renvoyant plus de 60 responsables gouvernementaux, dont Isabel Dos Santos, fille de son prédécesseur, Eduardo Dos Santos.

Récemment, le fils de l’ancien président, Jose Filomeno dos Santos, a été accusé d’avoir effectué une transaction frauduleuse de 500 millions de dollars US auprès du fonds souverain angolais. Cependant, le problème de la corruption en angolais dépasse de loin la famille dos Santos. Il est très important que les dirigeants actuels fassent preuve de cohérence dans la lutte contre la corruption en Angola.

Avec un score de 43, l’Afrique du Sud reste inchangée en ce qui concerne l’IPC depuis 2017. Sous le président Ramaphosa, l’administration a pris des mesures supplémentaires pour lutter contre la corruption au niveau national, notamment via les travaux du Comité interministériel de lutte contre la corruption. Bien que la Stratégie nationale anti-corruption (NACS) soit en place depuis des années, le gouvernement actuel continue de créer un élan pour la stratégie en sollicitant les commentaires du public.

En outre, l’engagement des citoyens sur les médias sociaux et diverses commissions d’enquête sur les abus de corruption sont des mesures positives en Afrique du Sud. La première commission d’enquête, la commission Zondo , est axée sur la capture par l’État, tandis que la seconde est consacrée à l’administration fiscale et à la gouvernance du service des impôts sud-africain (SARS). Étant donné que les commissions d’enquête précédentes ont donné peu de résultats, le jury n’a pas encore déterminé si la nouvelle administration produirait des changements plus positifs.

Le rapport de l’Unité spéciale d’enquête (UES) sur la corruption dans le ministère de la Santé du Gauteng est un autre exemple des efforts récents de lutte contre la corruption en Afrique du Sud. Bien que le rapport n’ait jamais vu le jour sous les administrations précédentes, sous le président Ramaphosa, il exposait plusieurs personnalités de premier plan, notamment des membres du parti au pouvoir.

Au Kenya et en Afrique du Sud, la participation des citoyens à la lutte contre la corruption est cruciale. Par exemple, les médias sociaux ont joué un rôle important dans la conduite des débats publics sur la corruption. L’essor de la technologie mobile signifie que les citoyens ordinaires de nombreux pays ont désormais un accès instantané à l’information et la possibilité d’exprimer leurs opinions de la même manière que les générations précédentes.

Outre l’amélioration de l’accès à l’information, essentielle à la lutte contre la corruption, les responsables gouvernementaux au Kenya et en Afrique du Sud ont également recours aux médias sociaux pour dialoguer avec le public.

Corruption Watch, notre section en Afrique du Sud, a constaté une augmentation du nombre de personnes signalant la corruption sur Facebook et sur WhatsApp. Cependant, il reste à voir si les médias sociaux et autres nouvelles technologies inciteront ceux qui sont au pouvoir à agir.

Recommandations

Les gouvernements de l’Afrique subsaharienne doivent redoubler d’efforts et garder à l’esprit les problèmes suivants lorsqu’ils s’attaquent à la corruption dans leur pays :

-Démontrer l’engagement manifeste des dirigeants politiques à lutter contre la corruption, notamment au Burundi, au Congo et au Mozambique.

-Protéger les défenseurs des droits de l’homme, les analystes politiques, les militants anti-corruption et les journalistes d’investigation et leur permettre de s’exprimer sur les questions de corruption.

-Améliorer la santé des institutions démocratiques. Cela comprend le soutien à la participation, la transparence et la confiance, ainsi que les contrôles et équilibres nécessaires.

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