Il y a cinq ans, le Pr. Gabriel Zomo Yébé avait, au terme d’un travail d’analyse et d’enquêtes, indiqué qu’il fallait imaginer d’autre sources de financement pour la CNSS.
L’enseignant à l’Université Omar-Bongo de Libreville estimait dans son travail, qu’il y a urgence à réfléchir aux nouvelles sources de financement des prestations sociales. C’était à la faveur d’un forum sur la sécurité sociale en novembre 1994 à Libreville.
Axé sur le thème : « Défis et enjeux du futur », le forum national de la sécurité sociale constituait une opportunité pour les experts venus de nombreux pays de réfléchir sur la pérennité de ce type de structures.
C’est en cela que, réfléchissant sur l’avenir, à travers le thème « Sécurité sociale et émergence à visage humain, quel espoir, quel défi ?», Gabriel Zomo Yébé avait alors posé une interrogation : « Comment maintenir la cohésion sociale tout en donnant des réponses appropriés, rapides et pérennes aux problèmes posés par tous les acteurs dans un environnement mondialisé ?».
En guise de réponse, il avait, dans un premier temps rappelé, en se focalisant sur la situation socio-économique du pays, que si la croissance réelle est élevée depuis deux ans, elle est cependant de faible qualité puisque dépendant en grande partie des prix du pétrole et intervenant dans un contexte marqué par un chômage de masse, une baisse de l’emploi et un accroissement de la pauvreté. D’où les inquiétudes exprimées quant aux ressources de la CNSS.
En outre selon lui, « Le dynamisme démographique est bel et bien en train de s’arrêter : alors que le nombre des cotisants n’a augmenté que de +24% depuis 2004, le nombre de retraités a cru de +35% », avait-il noté, soulignant que l’impact de ce type de croissance sur la sécurité sociale va agir sur les ressources de la CNSS. D’où la nécessite de rechercher d’autres sources de financement que les seules cotisations des salariés.
En outre, « Les seuls prélèvements sur les opérateurs des téléphonie mobiles et les prélèvements sur les salaires des actifs ne pourront plus suffire pour financer la protection sociale », avait-il expliqué, ajoutant qu’il faut que l’Etat mette en place un mécanisme sous forme de loi de financement de la protection sociale incluant les subventions d’équilibre de l’assurance sociale.
En relevant que les actifs n’étaient pas une charge directe, il avait par la suite, souligné que dès qu’ils deviennent inactifs, ils se transforment en charge pour la société. D’où l’urgence de proposer, dès à présent, un régime à prestations définies et/ou à cotisations définies, qui aura pour avantage de leur donner le minimum requis pour assurer leurs vieux jours.
« Si l’on ne fait rien, certains retraités retombent dans la pauvreté, ce qui va alourdir la prise en charge des économiquement faibles. Il y a nécessité de créer des complémentaires pour des salaires au-dessus des plafonds et de revoir la grille salariale de la Fonction publique en tenant compte du coût de la vie», avait-il expliqué.
Avant de conclure que « La sécurité sociale est un élément essentiel de cohésion sociale. Fondée sur la solidarité, elle réalise une large redistribution des ressources, garantissant à chaque Gabonais un minimum pour vivre. Le consolider et assurer sa pérennité doit être un objectif majeur pour tous ».
Alexandre Le-grand.





























