Le ministre de l’Économie, des Finances, et des Solidarités nationales, Roger Owono Mba et le Directeur général de la dette, Emmanuel Berre ont présenté la situation de la dette, notamment intérieure ainsi que les nouveaux engagements avec les bailleurs de fonds, au président de la République, Ali Bongo Ondimba, ce 06 août 2019.
L’examen de la situation de la dette semble d’autant plus crucial, en ce sens que la persistance d’accumulation d’arriérés sur la dette intérieure obérerait – en l’état – un passage devant le Conseil d’administration du FMI au titre de la quatrième revue. Les équipes du FMI considèrent que le Gabon doit démontrer sa capacité à honorer ses engagements avant de pouvoir envisager une présentation du dossier gabonais. Ce passage serait conditionné, selon des sources concordantes du Fonds, à la satisfaction du critère continu de non-accumulation de nouveaux arriérés.
De manière générale, entre 2017-2018, l’encours de la dette publique du Gabon s’est établi à 5 033,44 milliards FCFA en moyenne dont 3 549,74 milliards de dette extérieure et 1 483,99 milliards FCFA de dette intérieure. Malgré tout, l’Etat Gabonais a continué à honorer ses engagements. Au terme du premier trimestre 2019, le règlement cumulé de la dette publique s’est établi à 143,6 milliards FCFA, en forte hausse de 124,3% par rapport à la même période en 2018, suite à l’accroissement substantiel des paiements de la dette extérieure.
L’Etat continue d’honorer ses engagement
Au cours de la période sous revue, le règlement de la dette extérieure s’est élevé à 116,9 milliards FCFA, soit une progression de 310,2 % représentant un montant de 88,4 milliards FCFA par rapport à la même période en 2018. Ce règlement a porté à la fois sur la dette commerciale, multilatérale, bilatérale et multilatérale. Il intègre le paiement d’arriérés à hauteur de 64,7 milliards FCFA, dont 58,5 milliards FCFA au profit des créanciers commerciaux, 5,2 millions FCFA pour les multilatéraux et 952 millions pour les bilatéraux.
Le paiement de la dette intérieure s’est quant à lui, élevé à 26,6 milliards FCFA, en baisse de 25% au premier trimestre 2019 par rapport à la même période en 2018. Cette évolution est consécutive à l’absence de règlement de la dette moratoire sur la période, malgré les efforts consentis au règlement de la dette bancaire (+5,5%).
De manière globale, au cours des trois premiers mois de l’année 2019, l’encours de la dette publique du Gabon a augmenté de 7,8% à 5.142 milliards FCFA par rapport au premier trimestre 2018, mais en baisse par rapport au quatrième trimestre 2018. Comparativement au premier trimestre 2018, la hausse du stock de la dette publique est imputable essentiellement à l’accroissement de l’encours de la dette extérieure, 3763,1 milliards de FCFA (+13,4%) en dépit du repli de la dette intérieure, 1379 milliards de FCFA, (-5,2%).
L’augmentation de la dette extérieure est due au renforcement des engagements dans toutes les composantes : les bailleurs multilatéraux (+40,4%), bilatéraux (+20,8%), marché financier international (+9,8%), malgré le repli des engagements auprès des créanciers commerciaux (-30,2%). Ainsi, à fin mars 2019, la structure du portefeuille de la dette publique est composée de 73,2% de la dette extérieure et de 26,8% de la dette intérieure.
Emprunts extérieurs
L’Etat gabonais a également bénéficié des décaissements sur emprunts extérieurs. Le montant total de ces tirages s’est établi à 68,4 milliards FCFA sur la période. Ce montant est en hausse de plus de 49,7 milliards FFCA (soit 265,8%) par rapport au premier trimestre 2018. Cette augmentation provient de la hausse des tirages sur financements extérieurs auprès des partenaires multilatéraux (95,9% de l’enveloppe globale) et les bilatéraux (4,1% du montant total). Les tirages extérieurs au premier trimestre 2019 proviennent de la Banque Africaine de Développement (BAD) et de l’Agence française de développement (AFD).
Ressources et charges de trésorerie
Sur la période 2020-2022, les ressources de financement et de trésorerie sont projetées à 1 435,4 milliards FCFA. Elles comprennent : les appuis budgétaires globaux à hauteur de 29,3 milliards FCFA ; les appuis budgétaires ciblés (prêts projets) pour 557,8 milliards FCFA ; les arriérés fiscaux, 33,1 milliards FCFA ; les émissions de titre sur le marché intérieur pour 450 milliards FCFA ; les émissions de titre sur le marché international : 135,7 milliards FCFA ; les financements d’équilibre : 229,5 milliards FCFA. Globalement, les charges de financement et de trésorerie se situeraient à 681,7 milliards FCFA en 2020 et à 2229,6 milliards FCFA sur la période 2020-2022.





























