Au cours de son Conseil d’administration tenu le 17 décembre 2018, le Fonds monétaire international (FMI), a dressé un bilan très relativisé de ses programmes avec certains pays de la Zone CEMAC.
Toutefois, soulignent les administrateurs du Fonds, si les progrès accomplis dans le cadre de la stratégie régionale ont contribué à éviter une crise immédiate, il reste que la stratégie n’a pas encore atteint pleinement ses objectifs.
En effet, les réserves régionales restent insuffisantes et la croissance non pétrolière demeure atone. Les administrateurs ont souligné que l’amélioration de la situation économique et financière régionale à moyen terme dépend crucialement de la mise en œuvre intégrale des engagements pris par les pays membres de la CEMAC et les institutions régionales, ainsi que de l’adoption de programmes appuyés par le FMI par la République du Congo et la Guinée équatoriale.
Les administrateurs ont de ce fait engagé les autorités de ces pays membres à redoubler d’efforts pour satisfaire aux conditions préalables d’un accord avec le FMI. Ils les ont ensuite invité à continuer de mettre en œuvre strictement leur programme d’assainissement budgétaire et de s’attaquer promptement à tout dérapage budgétaire.
« Cela est essentiel pour reconstituer des amortisseurs budgétaires et des volants de réserves adéquats, et orienter fermement la dette publique à la baisse », indique le FMI. l’institution a aussi souligné la nécessité d’améliorer la qualité de l’assainissement en renforçant la mobilisation des recettes non pétrolières.
Tout comme ils ont évoqué la finalisation et la mise en œuvre des plans de remboursement des arriérés. Pour le FMI, les pays membres doivent aussi appuyer la mise en application de la réglementation des changes par la BEAC et la COBAC. Notamment, en accroissant la transparence des industries extractives et en veillant à la domiciliation des recettes d’exportation, ainsi qu’au rapatriement et à la cession des avoirs extérieurs par toutes les entités publiques.
Les administrateurs saluent néanmoins les mesures correctives qui ont été prises pour s’attaquer à l’insuffisance des avoirs extérieurs nets, notamment le relèvement du taux directeur de la BEAC et la mise en application par la COBAC et la BEAC des limites des positions de change des banques.
Ils notent aussi les progrès considérables accomplis dans la modernisation du cadre opérationnel de la politique monétaire et la rédaction d’une nouvelle réglementation des changes. Ces deux mesures, lorsqu’elles seront pleinement effectives, contribueront à renforcer la transmission de la politique monétaire et à ramener l’accumulation des avoirs extérieurs nets en bonne voie, a fait observer le fonds.
Enfin, le FMI reste d’avis qu’après le récent durcissement, l’orientation de la politique monétaire semble adéquate, mais ils soulignent que la BEAC doit être prête à durcir davantage sa politique si nécessaire pour soutenir la stratégie régionale. Ils encouragent aussi la BEAC à continuer de chercher à développer le marché interbancaire, notamment en réduisant davantage l’excès de liquidités.
Alexandre Le-grand






























