Selon la Banque africaine de développement (BAD), les tensions commerciales sino-américaines pourraient faire baisser de 2,5% la croissance de certains pays africains tributaires de l’exportation de matières premières et de 1,9% pour les pays africains exportateurs de pétrole -au premier chef desquels le Nigeria- d’ici 2021.
Rappelons que, pour sa part, le FMI a abaissé ses prévisions de croissance pour l’Afrique sub-saharienne de 3,3% à 3,1% pour 2019, en raison de ces tensions commerciales mondiales, du Brexit et du ralentissement de la croissance chinoise.
Deuxièmement, cela ravive une sorte de « guerre froide » sur le continent africain entre la Chine et les Etats-Unis, ce qui n’est jamais bon. « Pékin a utilisé la guerre commerciale pour semer des sentiments anti-américains et booster son image comme étant le partenaire étranger préféré de l’Afrique », selon le think-tank américain Center for Strategic & International Studies (CSIS).
Les Etats-Unis, quant à eux semblent délaisser leur récente stratégie africaine fondée sur l’auto-développement pour revenir à une politique plus classique basée sur les invetsissements et le commerce.
Autre impact, pour nombre de pays africains, la Chine est devenue le premier partenaire commercial, l’alimentant en matières premières nécessaires à ses industries qui, elles, souvent, exportent vers les Etats-Unis. Ils se trouvent donc, de facto, impactées.
Les exportations africaines pourraient baisser de $ 75,26 milliards par an, calcule The Observatory of Economic Complexity. Mais l’impact est très différent d’un pays africain à l’autre : le Nigeria, exportateur de brut, est très vulnérable tandis que le Sénégal, plus dépendant du tourisme, des services et d’un mix de produits agricoles exportés, l’est moins.
Ceci dit, cette guerre n’est pas sans impacter les cours mondiaux de matières premières touchées par le protectionnisme montant, l’affaiblissement des secteurs manufacturiers, l’instabilité des marchés monétaires.
Ceci dit, les relations entre la Chine et l’Afrique se développent à grand pas et les relations difficiles avec Washington ne peuvent qu’inciter Pékin à mettre les bouchées doubles tant au niveau des investissements que des échanges commerciaux.
Lors de la première exposition China-Africa Econcomic and Trade Expo qui se tiendra en juin à Changsa, dans la province de Hunan, un millier de délégués africains est attendu.
En 2018, le commerce entre le Hunan et l’Afrique a totalisé $ 2,8 milliards, progressant de 50% pour la quatrième année consécutive ; les investissements en Afrique d’entreprises dans le Hunan frôlent le milliard de dollars.
Dans le cadre de son Initiative Route et Ceinture, les investissements en infrastructures de la Chine en Afrique sont passés de $ 21 milliards en 2015 à plus de $ 100 milliards en 2016, souligne la spécialiste en développement Magda Theodate sur Devex.com.
Mais, de son côté, Washington a récemment réaffirmé l’importance de l’AGOA au sein des relations entre les Etats-Unis et l’Afrique, l’Agoa et le SGP représentant $ 13,8 milliards d’importation africaines vers les Etats-Unis sur un total de $ 24,9 milliards entre les deux partenaires, précise le CSIS. Une situation qui peut permettre de vérifier la véracité de l’adage : » Quand deux éléphants se battent, l’herbe en souffre »
La Rédaction






























