Dans une récente analyse, l’analyste économique gabonais, spécialiste en contrôle des risques et sécurité financière, Mays Mouissi revient sur les répercussions de la hausse des prix du carburant sur le pouvoir d’achat de Gabonais.
Selon les termes de son rapport, entre juillet 2015 et juin 2019, les prix de l’essence vendu à la pompe se sont accrus de 30% passant de 535 francs CFA à 695 franc CFA le litre. Dans le même temps, ceux du gasoil ont également connu une hausse de 43% au cours de la même période, passant de 470 francs CFA à 670 francs CFA le litre.
Ces augmentations de prix, explique-t-il, entrainent une perte de pouvoir d’achat brute qui varie de 160 à 200 francs CFA pour chaque litre de carburant vendu à la pompe. En supprimant les subventions des prix des hydrocarbures raffinés vendus à la pompe, le gouvernement avait laissé croire aux populations qu’une telle réforme serait favorable à leur pouvoir d’achat. Tout semble pourtant monter le contraire.
De plus, au cours des quatre dernières années le gouvernement a procédé à : – 11 augmentations des prix de l’essence (+17,27 francs CFA le litre en moyenne à chaque augmentation) contre seulement 3 baisses (-10 franc CFA le litre en moyenne) ; – 12 augmentations des prix du gasoil (+18,75 francs CFA le litre en moyenne) contre seulement 3 baisses (-8,3 franc CFA le litre en moyenne).
Hausse généralisée des prix à la consommation
Outre la dégradation du pouvoir d’achat des Gabonais engendrée par la hausse continue des prix du carburant vendu au grand public, il convient de souligner que l’importante hausse des prix de l’essence et du gasoil vendus aux industriels, lesquels sont supérieurs aux prix publics des carburants, a contribué à une hausse généralisée des prix à la consommation jamais vu au cours des 10 dernières années.
En effet, ces derniers mois sont marqués par la persistance des tensions inflationnistes à l’échelle nationale. Alors qu’elle était contenue à 2,7% en 2017, l’inflation a atteint 4,8% en 2018 et même 6,3% au mois de décembre 2018, si l’on en croit la récente note de conjoncture de la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF).
Il est utile, précise-t-il, de rappeler que les critères de convergence de la CEMAC auxquels le Gabon a librement souscrit préconisent un taux d’inflation maximum de 3% par an. Dans ce contexte, il ne faut pas s’étonner que tout augmente : les produits alimentaires, les transports, les loyers, les marchandises diverses, etc. Même la SOGATRA, au bord du dépôt de bilan, envisage d’augmenter ses tarifs.
Le Gabon fait partie des pays de la sous-région où le carburant vendu à la pompe coûte le plus cher
Au plan sous régional, il indique que le Gabon figure en tête des pays où le carburant vendu à la pompe coûte le plus cher, juste derrière la Centrafrique qui elle n’est pas un pas pétrolier. Comme le Gabon, les autres pays pétroliers de la CEMAC importent une partie de leurs hydrocarbures raffinés. Occasion pour lui, de s’interroger sur les explications du gouvernement sur une telle disparité de prix qui n’est pas sans dommage pour les populations.






























