Alors que se tiennent cette semaine à Paris les réunions de la zone Franc, le problème du blocage des transferts de fonds, sur des durées plus ou moins longues, préoccupent les milieux d’affaires français, en particulier en Afrique centrale, dans la CEMAC. Certains d’entre eux y ont fait allusion dans deux forums différents à quelques jours d’intervalles, relève le Moci.
Le 7 octobre à Paris, lors d’un déjeuner organisé par le CIAN (Conseil des investisseurs français en Afrique) autour de Stéphanie Rivoal, secrétaire générale du sommet Afrique-France 2020, le sujet a été abordé lors de la séance des questions : « à court terme, il y a une inquiétude sourde en Afrique centrale sur la zone CFA… », a témoigné un participant, également inquiet de la montée des impayés des acteurs publics.
Stéphanie Rivoal a botté en touche. Mais cette « difficulté à faire remonter des euros de la zone CFA» est une préoccupation récurrente des membres du Cian, également signalée lors de ce déjeuner par son président, Alexandre Vilgrain.
Deux jours après, une allusion à cette difficulté a été faire dans un autre forum, une table ronde organisée le 9 octobre par le cabinet d’avocats Orrick et Paris Europlace sur les enjeux du financement à long terme des infrastructures en Afrique, dans le cadre de Paris InfraWeek, semaine d’événements consacrée au financement de projets d’infrastructures.
Lors du débat qui a suivi avec l’assistance, la nécessité d’une volonté politique cohérente et sans faille des gouvernements pour pérenniser les projets et sécuriser les investisseurs privés a été soulevée par un participant. Charles-Henri Malecot, directeur général du fonds d’investissement Stoa, qui intervenait sur le panel, a abondé dans son sens, jugeant ce point essentiel.
Mais à la tête de ce fonds de 600 millions d’euros créée en 2017 par la Caisse des dépôts et consignation et l’Agence française de développement pour stimuler les investissements dans les infrastructures dans les pays émergents, dont l’Afrique, le dirigeant français en a aussi profiter pour signaler l’importance du « rôle des banques centrales ». En particulier, il a épinglé leur « rôle négatif quand elles empêchent les dividendes de sortir », car alors, « les investisseurs ne viennent pas ». Un message également destiné au « Trésor français qui conseille ces banques centrales ».
Pour ce qui concerne le cas particulier de la zone Cemac, Bercy renvoie à des modifications de réglementation introduite en début d’année par la Banque centrale. Gageons que le sujet sera au menu des prochains échanges entre les ministres et gouverneurs prévus ces 10 et 11 octobre 2019 à Paris (France).




























