Avec comme l’année précédente, une croissance estimée à 2,4 % pour 2019, le Tchad semblait enfin se relever de la grave récession qui avait fait plonger sa croissance de 6,9 % en 2014 à -6,7 % en 2016.
Si les prévisions de la dernière revue FMI de décembre atteignaient 3,9 % pour l’année en cours, elles devraient être fortement réévaluées à la baisse et le pays entrer à nouveau en récession, du fait notamment de l’effondrement du prix du pétrole et de la chute de la demande de ses principaux partenaires commerciaux, touchés par la pandémie de Covid-19.
Des entreprises au secteur informel : un écosystème économique profondément fragilisé, qui devrait éprouver l’ensemble de la population
Alors que l’économie tchadienne pâtit de la fermeture des bars, restaurants ou encore des marchés et commerces non-alimentaires au sein de ses frontières, le pays subit en externe les nombreuses mesures de confinement qui affectent fortement l’activité économique de ses principaux clients.
Les États-Unis, l’Union européenne et la Chine, principaux foyers épidémiques du Covid-19, représentent ainsi 59 % des exportations totales du pays en 2018 et la fermeture des ports et des centres de fabrication entraine des perturbations et ruptures dans la chaîne de production et d’approvisionnement, notamment des équipements que le Tchad importe depuis la Chine, premier fournisseur du pays depuis 2012.
Pour mémoire, 80 % des échanges tchadiens transitent par le port de Douala, et la fermeture des frontières avec le Cameroun pèse sur les volumes des produits échangés. Le manque de matériel et la rupture des matières premières pourraient ainsi provoquer des cessations d’activité et des pertes d’emplois.
Dans le même temps, le secteur informel qui permet à plus de 90 % de la population tchadienne de trouver les ressources permettant de survivre devrait également être fortement impacté, que ce soit par l’interdiction de circuler en transports publics, ou par la fermeture des commerces non alimentaires.
De nombreuses familles n’ont aucune réserve sur laquelle s’appuyer et vivent uniquement grâce à leur activité quotidienne, notamment sur les marchés. Cette situation, couplée à une inflation des prix, notamment alimentaires, pourrait éprouver fortement la vie quotidienne de la population et avoir une incidence importante sur le taux de pauvreté du pays, déjà un des plus élevés au monde.































