L’initiative a été déclinée par le président de la Banque africaine de développement (BAD), Akinwumi Adesina, à la faveur d’une audience ce 12 septembre 2019, avec le président du Burkina Faso, Marc Roch Christian Kaboré.
Présent à Ouagadougou, au Burkina Faso, où il doit prendre part, ce 13 septembre 2019, en tant qu’invité, au Sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays du G5 Sahel, le président de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, a été reçu en audience par le président du Faso, Marc Roch Christian Kaboré.
Saluant les efforts de la Banque panafricaine pour l’initiative ‘’Desert to Power’’ (DPT), le président burkinabè a également souligné l’excellence des relations de son pays avec cette institution, la remerciant particulièrement pour le portefeuille des projets mis en œuvre.
De son côté, le président de la BAD a tenu à saluer l’engagement, la vision et le leadership du président Kaboré pour avoir accepté d’accueillir le Sommet dans son pays. Il a, de ce fait, souligné l’importance de la volonté politique pour la réussite de l’initiative « Desert to Power ».
Laquelle volonté donne l’opportunité de renforcer le partenariat Sud-Sud. «La volonté politique est très importante et je ne peux que me réjouir de la détermination des présidents du G5 Sahel autour de l’initiative » a indiqué Akinwumi Adesina.
Évoquant les enjeux autour de l’industrie cotonnière, les deux dirigeants ont insisté sur le renforcement de ce secteur ainsi que la nécessité d’une mobilisation globale autour de l’initiative DPT, au-delà même des pays du G5 Sahel.
À l’occasion de ce Sommet, la Banque doit présenter officiellement son initiative « Desert to power » aux chefs d’État et de gouvernement. Au moins 20 milliards de dollars américains devront être mobilisés auprès des partenaires au développement. La Banque doit porter le plaidoyer lors du Sommet, avec pour objectif de garantir l’accès universel à l’électricité à plus de 60 millions de personnes, grâce à l’énergie solaire.
Pour le président Adesina, c’est un paradoxe que dans cette région, parmi les plus ensoleillées du monde, on note un déficit d’accès à l’électricité : «Aujourd’hui plus que jamais, la coopération et le commerce transfrontaliers dans le domaine de l’énergie seront essentiels pour maintenir la sécurité d’approvisionnement à long terme face aux défis du changement climatique », affirmera-t-il, en ajoutant qu’au « Burkina Faso, des étapes significatives ont été franchies avec le projet Yeleen d’électrification rurale. ».
Dans les pays du G5 Sahel, quelque 60 millions de personnes subissent les conséquences d’un déficit d’accès à l’électricité, avec pour les secteurs clés de l’économie, une lourde dépendance aux énergies fossiles, une faiblesse des capacités de production et des infrastructures physiques.
La BAD, dans le cadre de sa stratégie d’électrification de l’Afrique, s’est résolument engagée à accélérer l’accès à une énergie de qualité et à moindre coût pour les populations africaines. Des interconnexions essentielles de réseaux ont été approuvées par le Conseil d’administration de la Banque : Mali-Guinée, Nigeria-Niger-Bénin-Burkina Faso et Tchad-Cameroun. « Il faut une harmonisation des politiques et aller vers une zone de libre-échange énergétique », a ajouté le président de la BAD.
Quid de l’initiative DTP ?
L’initiative DTP couvre 11 pays : Burkina Faso, Érythrée, Éthiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Soudan, Djibouti, Sénégal et Tchad. Elle aura un impact significatif sur les conditions de vie de 250 millions de personnes qui devraient avoir accès à l’électricité.
Elle a pour objectif d’installer près de 10 gigawatts de capacité solaire d’ici à 2030. Cette initiative se veut une contribution de taille à la réalisation des cinq priorités stratégiques de la Banque, les « High 5 », car l’accès à l’énergie est transversal à tous les secteurs du développement de l’Afrique. Elle est en adéquation avec les Objectifs de développement durable des Nations unies, l’Accord de Paris sur le climat et l’Initiative pour les énergies renouvelables en Afrique.
Quant au G5 Sahel, il constitue un cadre stratégique de coopération régionale créé en 2014, avec pour objectif de garantir les « conditions de développement et de sécurité de ses États membres ». Il comprend le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Les pays du G5 Sahel sont persuadés de l’interdépendance entre la sécurité et le développement, notamment dans les services de base (énergie, transport, télécommunications, hydraulique).
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