Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a récemment achevé la cinquième revue de l’accord au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) pour le Cameroun.
Malgré le fait que cet achèvement de l’examen permet le décaissement de 55,2 millions de DTS (environ 76,1 millions de dollars), et porte le total des décaissements au titre de l’accord à 427,8 millions de DTS (environ 590 millions de dollars), il incite tout de même à une profonde préoccupation.
Le Conseil d’administration a également approuvé la demande des autorités de dérogation pour non-respect des critères de performance continus concernant la non-accumulation de nouveaux arriérés de paiements extérieurs, sur la base des mesures correctives prises par les autorités.
L’accord triennal du Cameroun a été approuvé le 26 juin 2017 pour 483 millions de DTS (environ 666,1 millions de dollars, soit 175% du quota du Cameroun – voir le communiqué de presse n ° 17/248 ). L’accord vise à soutenir les efforts du pays pour restaurer la viabilité extérieure et budgétaire et à jeter les bases d’une croissance plus durable, inclusive et tirée par le secteur privé.
Intervenant au terme des discussions, Mitsuhiro Furusawa, Directeur général adjoint et président par intérim a dressé un état des lieux de la situation économique du pays. De son avis, « les performances du Cameroun dans le cadre du programme soutenu par la FEC ont été mitigées. Tous les critères de performance à fin juin 2019 ont été respectés mais quatre des cinq objectifs indicatifs à fin juin n’ont pas été atteints. Les réformes structurelles avancent mais avec des retards’’.
Il indique par ailleurs que « Le Cameroun soutient la stabilité régionale et financière extérieure de la CEMAC par la consolidation budgétaire et l’application de la réglementation des changes. Il sera également important d’aligner pleinement le nouveau Code pétrolier sur la réglementation de la BEAC en matière de change’’.
De plus, poursuit-il « Il est essentiel de maintenir le cap sur l’assainissement budgétaire pour constituer des tampons fiscaux et externes. Les autorités sont encouragées à élargir l’assiette des recettes non pétrolières, à réduire les exonérations fiscales discrétionnaires, à lutter contre la fraude et l’évasion fiscales et à améliorer l’administration fiscale et douanière. Achèvement de la La réforme du compte unique du Trésor et le recours réduit aux interventions directes et aux procédures de dépenses exceptionnelles contribueront à améliorer la gestion de la trésorerie et l’exécution budgétaire et à renforcer la transparence budgétaire et la crédibilité budgétaire’’.
Pour Mitsuhiro Furusawa, « Il est essentiel de s’attaquer de toute urgence aux risques financiers et fiscaux associés à la raffinerie nationale de pétrole (SONARA). La restructuration de la SONARA devrait reposer sur une analyse coûts-avantages approfondie de toutes les options disponibles. Les audits prévus de quatre grandes entreprises d’État (entreprises publiques) et l’apurement des dettes croisées du gouvernement avec les entreprises publiques et des arriérés du gouvernement aideront à atténuer les risques éventuels’’.
Le Cameroun court un risque élevé de surendettement
Occasion pour le Directeur général adjoint de mettre les autorités camerounaises sur leurs gardes. ‘’Pour préserver la viabilité de la dette, il est important de respecter strictement le plan de décaissement pour les prêts contractés mais non décaissés et de limiter les emprunts non concessionnels aux projets macrocritiques pour lesquels aucun financement concessionnel n’est disponible’’, souligne-il.
Selon lui, « L’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance est essentielle pour promouvoir une croissance inclusive et dirigée par le secteur privé. Des mesures audacieuses doivent être prises pour renforcer l’application des contrats, améliorer la conformité avec les recommandations de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et les normes de LBC / FT, réduire les prêts non performants et de résoudre les banques en difficulté. De nouvelles mesures visant à diversifier la base d’exportation et à améliorer l’efficacité des investissements restent essentielles pour libérer le potentiel de croissance du Cameroun’’.
Au demeurant, soutient Mitsuhiro Furusawa, ‘’ le programme du Cameroun continue d’être soutenu par les politiques et les réformes des institutions régionales dans les domaines de la réglementation des changes et de la politique monétaire et une reprise des avoirs extérieurs nets régionaux qui est essentielle au succès du programme. »






























