Prévue entrer en vigueur le 1er juillet 2020, la mise en oeuvre effective de l’accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a été reporté pour le mois de janvier 2021.
La pandémie de la Covid-19 fausse la plupart des paramètres mis en œuvre pour le matérialisation de la ZLECAf. Les politiques de riposte adoptées par les pays africains face à cette calamité ne favorisent guère la donne. Le Secrétaire général, Wamkele Mene explique à « Certains pays sont encore en confinement, d’autres ont mis en place des restrictions importantes, allant de la fermeture des magasins non essentiels jusqu’au couvre-feu. Ce contexte a bien sûr fortement diminué l’activité commerciale, en Afrique comme ailleurs dans le monde».
Mais en dépit de toutes ces pesanteurs, il se veut bien optimiste. Dans ce cadre, assure-t-il, «La volonté politique et l’obligation légale demeurent : nous le ferons, nous mettrons en œuvre cet accord !», a-t-il déclaré le 11 juin dernier, lors d’une visioconférence organisée autour de cette thématique par Africa CEO Forum.
Une situation selon lui, qui entrave fortement la poursuite du programme initial. De son avis, outre la pandémie du Covid, il convient également de peaufiner certains préalables. «On sait bien que si la pandémie impacte négativement l’avancée du projet ZLECAf, elle n’est pas le seul obstacle, tant s’en faut. Pour avancer sur la voie du développement, l’Afrique – qui ne contribue qu’à hauteur de 1,6 % à la valeur ajoutée manufacturière mondiale – doit renforcer considérablement ses capacités industrielles et de transformation de ses matières premières », relève M. Mene.
Occasion pour le Secrétaire général de rappeler que la ZLECAf a pour but « de développer le commerce africain ». Cette disposition explique-t-il «Permettra d’assurer que tous les pays africains, grands comme petits, puissent se développer au niveau industriel. L’objectif fixé, rappelle-t-il, est que d’ici à quelques années, les taxes soient réduites à zéro sur 97 % des échanges commerciaux infra-africains ».
Par ailleurs, « pour que cela soit possible, il importe de densifier les infrastructures de transport de marchandises à l’intérieur du continent, transports aujourd’hui bien plus onéreux que le déplacement de conteneurs de marchandises par voie maritime», ajoute-t-il. Pour rappel, à ce jour, les 54 pays africains ont signé l’accord de création de la ZLECAf, et 30 l’ont déjà ratifié. Sa mise en œuvre effective est désormais prévue pour janvier 2021.































