Sous l’impulsion du Bureau sous-régional Afrique centrale de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la plupart des pays sont en train de se spécialiser dans des secteurs propices à leur environnement productif.
La pandémie du Covid – 19 relance avec force et vigueur, l’impérieuse nécessité de la diversification des économies de la sous-région, Afrique centrale. Ainsi, plus que jamais et conformément au Consensus de Douala, les voies de sortie de l’après Covid-19 devraient désormais être centrées sur la diversification économique, relève la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).
Cette approche avait été, à nouveau réitérée le 17 juin 2020, par le président de la Commission de la CEMAC et le Secrétaire général adjoint de la CEEAC, en charge de l’intégration physique, économique et du marché. Dans ce cadre, à la faveur d’un webinaire, la CEA a lancé le processus d’harmonisation et de consolidation des stratégies de la CEMAC et de la CEEAC sur le développement industriel et la diversification économique en un seul modèle intégré : le Plan directeur industriel de développement et de diversification économique régional (PDIDE régional). Cette rencontre a réuni une centaine de représentants des gouvernements, du secteur privé, des OSC, des agences des Nations Unies, des médias et d’autres parties prenantes de l’Afrique centrale.
Objectif : aider les pays à saisir les opportunités créées par la Covid-19, pour monter et déployer des plans directeurs de diversification économique et d’industrialisation que les États membres de la région avaient élaborés ou élaboraient, y compris des stratégies nationales de la Zone de libre-échange continentale (ZLECAf).
Pour son soutien au processus de diversification économique en Afrique centrale, la CEA a également lancé une révolution des compétences, en adaptant efficacement les investissements dans le développement du capital humain aux besoins du marché et de la société. Il s’agissait de favoriser l’équité intergénérationnelle. Cette approche d’investissement et de développement tournée vers l’intérieur, ancrée dans le libre-échange continental africain a propulsé le label Made in Central Africa pour devenir une référence domestique de qualité et de haut niveau.
«Nous avons aidé le Tchad à exceller dans la production d’énergie solaire et la valeur ajoutée industrielle dans les produits bovins, rivalisant avec le Botswana. Le Congo quant à lui est devenu la plaque tournante des engrais de l’Afrique centrale, transformant ses milliards de dollars de valle de potasse local en engrais, ce qui a fait de l’Afrique un exportateur net de produits alimentaires plutôt qu’un importateur, comme ce fut le cas pendant la Covid-19. Le Cameroun est devenu un leader régional de l’agro-industrie et de l’économie numérique. La Guinée équatoriale a accéléré ses gains dans la prestation de services, la R&D en médecine tropicale, l’éducation en ligne et la logistique, grâce à la force de son excellente infrastructure », indique Antonio Pedro est le directeur du Bureau sous-régional Afrique centrale de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).
En outre : « Le Gabon est devenu un fournisseur de meubles en bois de classe mondiale grâce à sa rupture avec un passé récent où seul le bois brut était exporté. La République démocratique du Congo a ébloui le monde avec la transformation locale du cobalt en batteries lithium-ion pour les voitures électriques, se classant au premier plan de l’électrification des systèmes de transport en Afrique. Enfin, Sao Tomé-et-Principe a transformé ses abondantes ressources en matière d’économie bleue pour devenir une destination privilégiée pour le tourisme durable et un centre d’excellence pour la pêche et le développement marin », souligne le directeur du Bureau sous-régional Afrique centrale de la CEA.
Quid du Consensus de Douala ?
En septembre 2017 à Douala au Cameroun, les États membres de l’Afrique centrale ont adopté le Consensus sur la diversification économique (grâce à l’industrialisation induite par les ressources et par le commerce) et le programme Made in Central Africa. Des cadres que la CEA a élaborés en réponse à l’instabilité macroéconomique créée par la baisse des prix des matières premières en 2014.
En effet, «en construisant des économies résilientes et structurellement transformées dans la sous-région, l’Afrique centrale briserait enfin les cycles vicieux des booms et des contractions associés à sa dépendance excessive à l’exportation des matières premières. La COVID-19 a rendu cet impératif plus évident et urgent », a conclu Antonio Pedro.





























