C’est ce qui ressort de l’entretien entre le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC), le Pr Daniel Ona Ondo, et le Vice – président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, à la faveur d’une réunion de concertation, tenue par visioconférence, ce 13 juillet 2020.
A l’occasion de cet exercice, le Pr Daniel Ona Ondo a présenté la stratégie régionale de riposte face à la pandémie du covid-19, adoptée le 12 mars 2020 par les ministres de la Santé des Etats de la CEMAC. Occasion pour lui d’indiquer que « Cela s’est traduit dans les faits, par le décaissement Commission d’une enveloppe de près de 500 millions de FCFA pour la première phase de ce plan de riposte ».
En outre, a-t-il expliqué : « la crise profonde que traversent les pays de l’Afrique centrale devrait inciter la Banque mondiale à tenir compte des efforts engagés par les Etats. A court terme, il s’agit de faire face à la pandémie et, à long terme, il faut que la Banque mondiale accompagne les pays de la CEMAC pour renforcer leur résilience économique ».
Sur le chapitre lié aux impacts socio-économiques de cette crise sanitaire, le Pr Daniel Ona Ondo a insisté sur les réformes structurelles qui sont mises en place. Notamment à travers les mesures de relance de l’économie décidées lors du dernier Conseil des ministres du PREF-CEMAC de mars 2020 à Brazzaville.
Pour aller à l’essentiel, Daniel Ona Ondo a indiqué que « l’intégration est plus que jamais la voie royale pour sortir les économies de la communauté de l’ornière ». Et d’ajouter «En effet, les projets intégrateurs qui visent à réaliser les infrastructures économiques indispensables ne sont plus un choix », a-t-il réaffirmé, tout en sollicitant une intervention accrue de son institution pour le financement de ces infrastructures dans les secteurs de l’énergie, l’agriculture et les routes.
Par ailleurs, le Président de la Commission a fait remarquer que «L’exclusion des pays de sa région lors du moratoire du G20 sur la dette des pays africains ne tient pas compte de la situation économique réelle ». Avant de conclure que « Nous n’avons pas demandé à être en crise sanitaire mais nous subissons les effets pervers du Covid-19. Le feu brûle la maison Afrique, il faut d’abord penser à l’éteindre avant de se poser des questions ».
Répondant à son interlocuteur, Ousmane Diagana a félicité les efforts déployés par les Etats de la CEMAC pour faire face à la pandémie. En renouvelant l’engagement de son institution à appuyer la région, il a surtout affirmé qu’en plus des appuis budgétaires traditionnels, la Banque mondiale va rapidement mettre à disposition des ressources additionnelles, qui serviront à renforcer la lutte contre le nouveau Coronavirus en Afrique Centrale.
Dans ce sens, Ousmane Diagana « a plaidé sur la nécessité de ne pas vider les appuis budgétaires de leur sens car des enveloppes complémentaires et substantielles seront octroyées aux pays de la CEMAC. Pour lui, la nécessité de maintenir les réformes structurelles et de les appliquer avec plus de rigueur est fondamentale pour améliorer l’économie régionale ».
Aussi, a-t-il réaffirmé que «l’équilibre entre les infrastructures d’intégration et les réformes structurelles devraient apporter une solution pérenne aux problèmes que rencontre la CEMAC ». Avant de rappeler que la Banque mondiale est toujours disposée à soutenir les projets intégrateurs et à faire les efforts qu’il faut pour le relèvement de la zone CEMAC.
Il a, en plus invité le Pr. Daniel Ona Ondo à intervenir auprès des Etats pour que les réformes soient menées à leurs termes, et indiqué que le contrat de confiance qui lie désormais les deux institutions devrait déboucher sur un réexamen de l’enveloppe accordée à l’Afrique centrale. « Nous devons aller à l’action de façon concertée et définir un processus d’évaluation qui mesure l’efficacité de nos politiques économiques ».
Enfin, M. Diagana n’a pas manqué de souligné l’intérêt que porte son institution sur la réforme de la zone monétaire de la CEMAC. Réforme pour laquelle, il s’est dit prêt à aider à la réflexion. Autrement dit, cette visioconférence aura permis de définir un « nouveau contrat de confiance » entre la CEMAC et la Banque mondiale.






























