Le potentiel des efforts visant à réduire le poids du secteur pétrolier dans l’économie gabonaise, peine à se concrétiser.
En effet, le Gabon occupe le 5ème rang des producteurs pétroliers en Afrique Sub-saharienne, après le Nigeria, l’Angola, le Congo (Brazzaville) et la Guinée Equatoriale. En outre, le pays dispose de deux milliards de barils de réserves prouvées Selon la « BP Statistical Review 2014 ». Par ailleurs, son bassin sédimentaire couvre une superficie de 247 000 Km², dont 30% on-shore et 70% off-shore. Environ 47% de la surface attribuée est ouverte à l’exploration.
La forte croissance économique enregistrée par le pays au cours de la récente décennie a été portée notamment par la production de pétrole et de manganèse. Ces cinq dernières années, le secteur pétrolier a représenté en moyenne 80 % des exportations, 45 % du PIB et 60 % des recettes budgétaires.
Positionné pendant longtemps en tant que rentier observateur, le gouvernement gabonais cherche depuis quelques années à être un acteur véritable du secteur. Après un audit du secteur confié au cabinet américain Alex Stewart International en 2011, dans le but de mieux cerner les flux financiers issus de l’industrie pétrolière, l’Etat a créé la Société nationale des hydrocarbures, dénommée GOC (Gabon Oil Company), dont la vocation est de gérer et développer les participations de l’Etat gabonais dans le secteur pétrolier.
En 2016, les autorités gabonaises ont décidé de transférer à la GOC la gestion effective des participations de l’Etat dans les actifs pétroliers et le capital social des sociétés pétrolières. L’Ambition étant à terme, de faire de la GOC une véritable compagnie pétrolière, active dans l’exploration production et l’exploitation des champs pétroliers. Toutefois, le scandale ‘’Scorpion’’, a ébranlé cet édifice pour recentrer la SNH sur sa mission de gestion des participations de l’Etat.
Dans cette même logique, le gouvernement gabonais cherche à développer et favoriser l’utilisation des sous-traitants pétroliers gabonais (« local content »). Le nouveau code des hydrocarbures réaffirme le principe de l’emploi prioritaire de personnel gabonais et l’utilisation prioritaire des sous-traitants locaux. Le défaut de personnel local qualifié est resté un frein pendant plusieurs années à la bonne application du code du travail local (minimum de 90% d’employés locaux).
Confrontées au déclin des réserves pétrolières, et la perte du pouvoir de cde ‘’Dieu’’ pétrole, les autorités ont décidé de diversifier l’économie du pays. Dans ce cadre, le secteur non pétrolier a observé une contribution assez remarquable au PIB ces dernières années. En pourcentage au PIB hors pétrole, il a enregistré 16,5%.
Malgré tout, la stratégie visant à trouver une succession au ‘’Dieu’’ pétrole reste encore assez compliquée à implémenter. En effet, de nombreux secteurs non pétroliers n’ont jusqu’à présent eu qu’un effet d’entraînement limité sur le reste de l’économie et dépendent eux-mêmes des revenus pétroliers.
Quant au secteur privé et la création d’emplois qui y va de pair, la mayonnaise semble prendre, mais à un rythme largement en dessous des attentes. Dans ce registre l’Etat demeure le principal employeur du pays avec près de 101 255 agents, enregistrés au troisième trimestre 2020. Autrement dit, pour la vision du Gabon de se transformer en une économie émergente diversifiée d’ici 2025, la formule requise semble encore loin d’être mise au point, malgré quelques avancées dans certains secteurs.




























