Fortement bousculée sur ce territoire qu’elle considérait comme un acquis naturel, il ne se fait aucun doute que la France est finalement résolue à reprendre la main sur sur son ex-colonie. Cela, au regard de l’intense agenda diplomatique en perspective entre les deux pays.
Si politiquement les relations entre l’hexagone et le Gabon n’ont pas été rattrapées par l’usure du temps, c’est plutôt sur l’échiquier économique que le pays d’Emmanuel Macron éprouve toutes peines du monde à pouvoir s’imposer aujourd’hui. Tout simplement à cause de la forte concurrence imposée par les pays asiatiques, les pays émergents et le Maroc, sur une liste loin d’être exhaustive.
A preuve, depuis quelques années, la chine est devenue le premier partenaire commercial du Gabon. Sur les neuf premiers mois de l’année en cours, le pays de Xi Jinping a confirmé cette posture. Au cours de cette période sous-revue, elle affiche un volume d’échanges évalué à 1 584,6 milliards de FCFA contre 760,6 milliards de FCFA l’année précédente sur la même période. La Chine est suivie de la Belgique (148,6 milliards de FCFA), de la Corée du sud (114,2 milliards de FCFA) et des pays Bas (108,2 milliards de FCFA).
La France voit sa part de marchés s’effriter comme une peau de chagrin
A l’aune du commerce extérieur entre la France et le Gabon, les exportations françaises vers le Gabon tout comme ses importations en provenance de ce pays sont en constance régression.
Jusqu’en 2007, le Gabon représentait le principal destinataire des IDE français dans la zone, grâce aux importants investissements des groupes pétroliers. Aujourd’hui, la donne a changé. L’Investissement direct français est désormais en baisse au Gabon.
Mais, eu égard à l’antériorité de la présence française dans le pays, la France occupe toujours une place toujours prédominante dans les investissements au Gabon. Une centaine d’entreprises françaises y ayant établi des filiales dans divers secteurs : exploitation pétrolière, mines, bois, agroalimentaire, construction et travaux de génie civil, services financiers, etc.
Le poids indéniable de la Chine
Ces dernières années, la Chine est devenue l’une des premières sources d’investissements importants pour le Gabon. Le stock de ces investissements a franchi le barre milliard de dollars. Environ 60 entreprises chinoises sont installées au Gabon, dont une trentaine de grandes entreprises publiques.
Les principaux investissements chinois expriment une présence ciblée, dans l’exploitation pétrolière avec deux sociétés (Addax et Sino Gabon), le secteur du bois (les entreprises chinoises exploitent 55% de la forêt gabonaise) et les mines, avec la Compagnie industrielle et commerciale des mines de Huazhou qui extrait 9% du minerai de manganèse gabonais.
Au premier semestre 2019, les ventes vers le Gabon ont marqué le pas, à 218 millions d’euros contre 223 millions d’euros, pour la même période l’année précédente. Dans le même temps, ses importations ont aussi diminué. Elles se sont élevées à 84 millions d’euros, contre 90 millions d’euros sur la même période en 2018. En clair, les importations françaises en provenance du Gabon ont baissé de 7,5% au cours de cette période sous-revue.
La suprématie d’Olam
En matière d’Investissements directs étrangers (IDE), la suprématie d’Olam est clairement établie. La baisse des investissements du secteur pétrolier consécutivement à la baisse des cours du baril, ainsi qu’au déclin naturel des champs exploités a été largement compensée par les investissements lourds du groupe Olam. Cela, à travers d’un partenariat public privé inédit qui le lie à l’Etat gabonais depuis 2011 via la joint-venture GSEZ (OLAM 40,5% – RG 38,5% – AFC 21%).
Établi au Gabon depuis près de 20 ans, Olam est désormais un des principaux pourvoyeurs d’investisseurs étrangers dans le pays. Contrôlé par le fonds souverain singapourien Temasek depuis 2005, Olam est concentré sur la production d’huile de palme et l’hévéa.
Progressivement, Olam, via GSEZ, va étendre ses activités à l’industrie du bois (création d’une zone économique spéciale consacrée à l’industrie du bois) et aux infrastructures (construction-aménagement d’un port de commerce et d’un terminal minéralier), manifestant sa volonté d’être présent dans la chaîne logistique gabonaise.
Plus récemment, Olam a investi le secteur aéroportuaire puisque GSEZ airport a été désigné pour construire et opérer le futur aéroport de Libreville (investissement d’environ 350-400 millions de dollars. Ainsi, depuis 2010, Olam a ainsi investi près de 1300 milliards de FCFA, soit plus de 45 % du montant total des IDE entrants au Gabon sur la période.
Les atouts du Maroc
Le Maroc est le 14ème fournisseur du Gabon. En effet, le royaume chérifien compte des investissements dans de nombreux secteurs, pour un montant total estimé à quelques 600 millions de dollars. Ses entreprises ont investi dans de nombreux secteurs de l’économie gabonaise (la banque, les télécoms, les assurances, les mines, les infrastructures, le transport et le BTP).
Ces investissements sont protégés par un accord de protection et de promotion réciproque des investissements (signé en 1979, renouvelé en 2004), auquel est venu s’adjoindre en 1999 une convention de non double-imposition.





























