Après une nette amélioration du cadre macroéconomique en 2019, l’impact de la Covid 19 devrait dégrader la situation macroéconomique en 2020.
En effet, l’année 2019 a été caractérisée par une reprise de l’activité économique (+3,9% dont +13% dans le secteur pétrolier), une situation excédentaire du solde budgétaire (+1,1% du PIB), un excédent du solde de la balance globale (+1,7% du PIB) et une inflation maîtrisée (+2%) dans un contexte d’emploi très fragile dans le secteur moderne.
L’apparition de la pandémie et le triple choc que devrait connaitre notre économie, à savoir : la chute de la demande mondiale de nos principaux produits d’exportations, la baisse des cours de ces matières premières et le ralentissement de certaines activités au niveau national, conduiraient à un retournement temporaire d’activité en 2020.
Les secteurs les plus affectés devraient être les agro-industries, les matériaux de construction, les BTP, le transport (aérien, ferroviaire, terrestre et maritime), le commerce, les services pétroliers et « l’hôtellerie, restauration, tourisme ».
Ainsi, l’activité économique baisserait de 0,8% en 2020. Cette situation devrait se traduire par une contraction des recettes (17,8% en 2020 contre 21,1% du PIB en 2019), par une résurgence du déficit public (-4,5% du PIB contre +1,1% du PIB en 2019) ainsi qu’un repli de la balance de paiements (-4% du PIB contre +0,2% du PIB en 2019), dans un contexte de reprise des tensions inflationnistes (+3%).
Autrement dit, la crise du Covid -19 trahit les faiblesses structurelles de l’économie gabonaise. Celles-ci concernent particulièrement la très forte dépendance de notre économie à l’égard des revenus tirés des industries extractives et des importations de certains produits, notamment vivriers mais également la vulnérabilité du tissu des Petites et moyennes entreprises (PME) et des Toutes petites entreprises (TPE), l’importance de la voilure de la dépense publique, le niveau encore élevé de la population économiquement fragile, malgré les efforts consentis dans la mise en œuvre de la stratégie d’investissements humains depuis 2015.






























