La crise du Covid impacte lourdement les entreprises gabonaises.
Tirant les leçons de ce contexte, la Confédération patronale gabonaise (CPG) a décliné une feuille de route pour se prémunir d’éventuelles calamités de cette nature, non sans fustiger la riposte économique du gouvernement qui, selon elle, est plus un traitement symptomatique (tenter de répondre au besoin de trésorerie à court terme des PMEs) que structurel et durable.
Pour un nécessaire changement de modèle économique
Selon le patronat, la présente crise a remis au goût du jour, les défaillances de l’économie gabonaise. Il s’agit entre autres de sa trop forte dépendance de l’économie gabonaise, des revenus tirés des industries extractives (hydrocarbures, mines), de la grande vulnérabilité des PMEs / TPEs, déjà affaiblies auparavant par le non-paiement de la dette intérieure et l’absence d’une politique active de promotion de entrepreneuriat local, de l’importance du secteur informel.
Les clefs de la relance économique
Pour la relance de la machine, le patronat préconise trois principaux axes : la réduction du train de vie et l’optimisation de l’action de l’Etat ; le développement des chaines de valeur dans les secteurs stratégiques de l’économie et la mise en œuvre d’une véritable politique de promotion des champions nationaux.
Réduction du train de vie et optimisation de l’action de l’Etat
Pour cet axe, le patronat préconise qu’elle soit s’accompagnée d’une rationalisation de la masse salariale, d’une consolidation et d’une rationalisation des projets structurants financés par les bailleurs internationaux, une priorisation et réduction des dépenses publiques, d’une optimisation des dépenses sociales – mise en œuvre des réformes de la CNAMGS et de la CNSS proposées par la CPG – d’une réforme et d’une modernisation de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur, et de la formation professionnelle, d’une accélération de la digitalisation de l’administration, d’une accélération de la décentralisation et enfin d’une promotion de l’économie numérique.
Développement des chaines de valeur dans les secteurs stratégiques de l’économie
Cet axe concerne principalement l’accélération de la diversification de l’économie. Pour le patronat, elle repose sur l’amélioration du climat des affaires et l’accentuation de la production locale.
Amélioration du climat des affaires
L’amélioration du climat des affaires devrait s’accompagner de : l’optimisation de la fiscalité et parafiscalité, l’amélioration de la justice, la mise en œuvre des tribunaux de commerce et du travail, la résolution du conflit de compétence récurrent entre les juridictions nationales et la CCJA, sources de perturbations graves de l’activité économique (astreintes sur les sanctions pécuniaires), la mise en œuvre de la justice alternative (cours d’arbitrage) et enfin de la finalisation de la réforme du Code du travail et du Code minier.
Accentuation de la production locale
Pour maximiser la production locale, la CPG milite pour une intensification de la transformation locale des matières premières et ressources naturelles et un développement du tissu économique local. En effet, indique-t-elle, »le développement du tissu économique local devra être suivi d’une intensification des incubateurs sectoriels, d’une redynamisation de la Chambre de Commerce pour un accompagnement des PMEs / TPEs et une formalisation progressive du secteur informe »l.
A cela s’ajoutent le remboursement de la dette intérieure, la promotion de l’auto-emploi et de entrepreneuriat, de l’investissement national dans les secteurs stratégiques et prioritaires (environnement, TIC, tourisme, agriculture, pêche, élevage, chaines de valeurs minières et pétrolières, etc…). La dernière proposition de la CPG porte sur la mise en œuvre d’une véritable politique de promotion des champions nationaux.






























