Dans ce secteur, le pays est devancé par le Cameroun, le Congo et le Gabon.
Avec 5% de l’actif total régional après le Cameroun (53%) et le Congo (39%), en 2017, les dépôts des institutions de microfinance agréées (IMF), au Gabon s’élevaient à 33,6 milliards de francs CFA (61,6 millions USD) – 5% du volume régional – et l’encours des crédits représentait 7% du total régional: 28 milliards FCFA (51,3 USD million).
L’activité de microfinance est en plein essor depuis plusieurs années au Gabon. Il est dominé par les établissements de deuxième catégorie. En 2018, le secteur a été constitué de 14 EMF agréés, dont cinq de type société coopérative (première catégorie) et neuf sociétés anonymes (deuxième catégorie). En 2018, on a dénombré deux agences et points de vente supplémentaires, suite au démarrage effectif des activités de deux nouveaux établissements.
Capitaux propres
Les fonds propres des EMF, établis à 6,3 milliards de FCFA, ont augmenté de 43,6%, suite à la réforme du dispositif réglementaire relatif au capital social minimum des EMF de deuxième catégorie. Initialement fixé à hauteur de 50 millions, le capital social minimum a été porté à 300 millions de FCFA pour l’horizon 2020 avec l’exigence d’un minimum de 150 millions en 2019 pour les établissements déjà existants.
Couverture géographique, la clientèle et les effectifs
Les activités sont majoritairement concentrées sur les grands centres urbains que sont Libreville, Port-Gentil, Franceville et Oyem. La politique de proximité initiée par les EMF s’est traduite par l’augmentation de la clientèle et des effectifs. En effet, le secteur a enregistré une hausse de 17,5% de sa clientèle qui passe de 165 778 à 194 802 usagers.
La cible des EMF est composée de particuliers salariés ou justifiant d’un revenu permanent régulier notamment, les PME/PMI, les commerçants et artisans, les retraités et les étudiants boursiers. Les effectifs du secteur se sont renforcés pour atteindre 597 agents, en rapport avec les nouveaux recrutements pour les besoins de fonctionnement des structures.
Intermédiation financière
L’analyse des indicateurs d’intermédiation fait apparaitre une évolution relativement favorable à l’inclusion financière. En effet, les dépôts collectés se sont élevés à 57,3 milliards de FCFA contre 44 milliards en 2017, soit une hausse de 30,2%.
Cette évolution résulte principalement des performances commerciales de cinq établissements (Finam, Loxia, CSG, EDG et Express-Union) et de la décision de domiciliation obligatoire des salaires des fonctionnaires dans les établissements financiers. On note toutefois, la prépondérance des dépôts à vue qui représentent environ 75% de l’encours total.
Les crédits bruts se sont établis à 46,95 milliards de FCFCA en décembre 2018 contre 39,18 milliards en 2017, soit une hausse de 19,8% due au relèvement du taux de bancarisation et au financement des besoins d’exploitation des PME/PMI.
L’excédent entre les dépôts et les crédits a évolué à la hausse, passant de 4,80 milliards à 10,91 milliards de FCFA. Parallèlement, le taux de couverture des crédits par les dépôts demeure toujours au-dessus de 100% et ressort à 123,5% à fin décembre 2018.
La structure des taux d’intérêt est restée identique à celle de 2017 et cela, malgré une forte concurrence entre les établissements. Les taux créditeurs ont varié de 4,5 à 5% et débiteurs de 14 à 24% l’an. Dans la majorité des EMF, le taux de recouvrement des crédits aux fonctionnaires s’est dégradé, suite à la suspension par l’Etat des précomptes Solde.
Opération de gestion et de trésorerie
La qualité du portefeuille des EMF s’est améliorée. Les créances en souffrance sont passées de 4,9 milliards de FCFA à 3,98 milliards de FCFA sur la période, soit une baisse de 18,8%. Elles ont représenté environ 8% des crédits bruts contre 12% en 2017.
Les ressources et les emplois de trésorerie du secteur se sont respectivement contractés de 57% et de 5,7%. Cependant, la trésorerie nette est prêteuse à 11,39 milliards de FCFA. Elle est constituée des avoirs à vue et à terme auprès des banques UGB, ORABANK, ECOBANK et BGFI.
Rentabilité du secteur
Le produit net financier (PNF) s’est établi à 13,1 milliards de FCFA contre 11,8 milliards de FCFA en 2017, soit une hausse de 11,0%. Il est alimenté essentiellement par les intérêts sur crédits et les commissions sur transferts.
Selon la commission bancaire régionale COBAC, le Gabon est le pays de la CEMAC où les dépôts sont mieux rémunérés mais qui enregistre aussi les pires en termes de taux d’intérêt de microcrédit. Il convient également de noter qu’il existe un plus grand nombre d’IMF au Gabon, mais le ministère de l’Économie se bat contre ces IMF non réglementées. En 2016, il y avait plus de 231 IMF avec seulement 19 IMF agréées. La même année, le ministère de l’Économie du Gabon a gelé les activités de 50 IMF qui n’étaient pas agréées pour offrir des services de microfinance.
Les IMF sont régies par une réglementation régionale depuis 2002. La loi s’applique à toutes les IMF, quel que soit leur type institutionnel, et spécifie des ratios prudentiels et des normes de reporting assez complets. Selon la COBAC, la situation prudentielle des entités de microfinance est fragile. Leur situation est caractérisée par le non-respect de différentes normes et plusieurs IMF affichent une position nette négative ou insuffisante en fonds propres. En plus,.




























