La cartographie de la production de bois (grumes, sciages et dérivés) propulse le Gabon, depuis 2017, au rang de principal fournisseur avec 36 % de la production régionale, devant le Cameroun (32 %), le Congo (23 %), la Centrafrique (8 %) et la Guinée équatoriale (1 %).
Dans l’ensemble, la production des pays de la CEMAC devrait atteindre 8,1 millions de m3 en 2020, contre 9,1 millions en 2018, soit une baisse de 12 % en deux ans. Cette contreperformance est consécutive à la baisse de la demande chinoise, principale destination des exportations.
Suite à une forte hausse de la demande mondiale dans les années 2010, de nombreux acteurs informels se sont implantés, faisant concurrence aux acteurs historiques. Ils couvrent désormais une majorité de l’exploitation forestière et alimentent le marché domestique, les pays de la sous-région et l’Asie. En réponse à cette situation, des exigences de certification par l’UE (Flegt – due diligence sur la légalité du bois) ont été imposées à l’importation. Enfin, les coûts de transport jouent fortement contre la compétitivité du bois d’Afrique centrale.
La part des exportations de bois rond du Cameroun, du Congo et de la Centrafrique s’établissait en moyenne entre 60 et 85 % des exportations totales de bois entre 2010 et 2019, reflet de la faible industrialisation du secteur – la contribution à la croissance de ce secteur est généralement de 0,1 point pour ces pays.
Le Gabon, un cas d’école
Le Gabon fait exception puisqu’il a interdit l’exportation de bois non transformé depuis 2010 afin d’accélérer l’industrialisation de la filière. Suite à cette décision, la part du bois brut exporté est passée de 70 % à environ 5 %.
Par ailleurs, l’objectif de cette réforme était de porter la contribution du secteur au PIB à 20% à l’horizon 2020 mais les capacités d’absorption n’ont permis d’atteindre que 5 % du PIB en mars 2019 (soit tout de même un doublement de la part du secteur en dix ans). Le secteur s’est notamment appuyé sur la Zone économique spéciale de Nkok.
La réforme a permis la création d’environ 10 000 emplois entre 2010 et 2017. Cependant, les recettes forestières du Gabon se sont fortement réduites suite à la modification de la taxe d’abattage et l’absence de droit de sortie sur le bois exporté ; le niveau de production ne compense toujours pas le manque à gagner causé par la réforme.
A l’inverse, au Cameroun, la pression fiscale est telle que les entreprises formelles sont en difficultés pour la continuité de leur activité, la filiale de Rougier au Cameroun a déposé son bilan en mars 2018 et le groupe a recentré ses activités de la zone au Gabon. La fiscalité du Congo se situe dans une position intermédiaire mais sa parafiscalité, comme pour le Gabon, reste forte.






























