Intervenant au cours du Forum économique Gabon-France tenu le 29 mars dernier à Paris, le directeur général du Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), Serge Mickoto est revenu sur le dispositif mis en place par son institution, pour trouver de nouvelles filières capables de générer suffisamment de revenus pour se substituer à ceux tirés de la production de pétrole.
Selon lui, « Grâce à un partenariat avec le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), Eranove, groupe de gestion et de production d’eau et d’électricité, développe trois projets : Orelo (unité de production d’eau d’une capacité de 140 000 m3 par jour), Ngoulmendjim (centrale électrique de 73 MW portée par la société Asokh Energy) et Dibwangui (centrale électrique de 15 MW portée par la société Louetsi Energy) ».
Dans l’eau et l’énergie notamment, a-t-il poursuivi, « le FGIS aurait 800 millions d’euros d’engagement. « Parmi nos cibles, a souligné Serge Mickoto, il y a les maisons mère qui ont des filiales au Gabon, mais aussi les PME détentrices d’un savoir-faire et d’une technologie particulière correspondant à la stratégie de diversification nationale, par exemple dans le numérique et la production de bois ».
Au cours de ce colloque, M. Mickoto a également rappelé que la loi gabonaise sur les partenariats public-privé (PPP) « est applicable », ce qui avait permis des partenariats avec Eranove ou le fonds Meridiam qui a investi dans le port minéralier d’Owendo.
Par ailleurs, ensemble Meridiam, la SEEG et le FGIS se sont également mobilisés pour développer un projet d’énergie. « Il s’agit du financement, de la conception, la construction et l’exploitation de la centrale hydroélectrique de Kinguélé Ava, d’une capacité de 35 MW », a précisé à son tour, Mathieu Peller, chief operating officer de Meridiam pour l’Afrique.
Au terme de son intervention, Serge Mickoto n’a pas manqué d’inciter les entreprises françaises à investir dans le bois. Car, avec le fonds Okoumé, la FGIS prend des participations minoritaires sur cinq ans dans les PME-PMI. Déjà en 2017, a-t-il souligné, « le Gabon était en 2017 le premier producteur africain dans la transformation du bois, avec plus de 1 400 000 m3 exportés ».
Pour rappel, crée en 2012, le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS) a été mis en place afin d’aider le Gabon à développer de nouvelles filières capables de générer suffisamment de revenus pour se substituer à ceux tirés de la production de pétrole.
Il a pour principales missions de contribuer au développement économique du Gabon par une gestion active du portefeuille des participations de l’Etat, y compris des cessions ou regroupements de participations existantes de l’Etat, ou des prises de participation stables dans le capital d’entreprises présentant un caractère stratégique et de susciter l’investissement des entreprises nationales ou étrangères dans les secteurs stratégiques pour l’économie nationale par ses prises de participation dans ces secteurs.
Il s’agit également de garantir l’indépendance financière du Gabon et diversifier ses risques par des investissements en capital d’une partie des revenus excédentaires de l’Etat notamment ceux dérivés du pétrole et enfin, d’être un vecteur de mobilisation des ressources publiques ou privées afin de réduire le gap de financement et de constituer une épargne intergénérationnelle, visant à diversifier les sources de revenus de l’Etat.
Enfin, le FGIS entend ainsi rentabiliser les ressources que l’État gabonais verse annuellement au Fonds souverain de la République gabonaise (FSRG), à travers des investissements stratégiques. Il représente le levier opérationnel pour la préservation des richesses pour les générations futures.
Alexandre Le-grand






























