Au deuxième trimestre 2018, les pressions inflationnistes dans la CEMAC ont poursuivi la tendance haussière entamée à la même période en 2017, tout en restant contenues sous la norme communautaire de 3,0 % en moyenne annuelle.
Ainsi, le taux d’inflation en moyenne annuelle est passé de +0,6 % en juin 2017, à +1,4 % en juin 2018, après +1,2 % en mars 2018 et 0,9 % en fin d’année 2017. Par pays, la dynamique de l’indice des prix à la consommation des ménages, en moyenne annuelle, observée dans les Etats membres a été plus contrastée. La République centrafricaine est le seul pays ayant un taux d’inflation au-delà de la limite communautaire.
L’analyse par les contributions des différentes fonctions de consommation à l’inflation en glissement annuel fait ressortir que, pendant la période sous revue, les composantes logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles et transport ont le plus contribué à l’évolution du niveau général des prix.
Ainsi, entre juin 2017 et juin 2018, les contributions des fonctions logement, eau, gaz, électricité et autres combustibles et transport, qui sont passées respectivement de +0,4 point à +1,0 point et de +0,1 point à +0,4 point, expliquent pour l’essentiel la dynamique haussière du niveau général des prix.
Les fonctions communication, loisirs et culture, enseignement restaurants et hôtels et biens et services divers dont les contributions respectives sont passées chacune d’une valeur nulle en juin 2017 à +0,1 point en juin 2018, ont amplifié cette tendance, tandis que la baisse de la contribution de la composante logement, eau, gaz et électricité et autres combustibles a permis de la contenir.
Les pressions inflationnistes observées à fin juin 2018 s’expliquent pour l’essentiel par l’accentuation des effets induits par les mesures d’élargissement de la base fiscale et de l’accroissement des taxes prises par les gouvernements, visant à accroître les ressources non pétrolières des États de la CEMAC.
Toutefois, l’atonie de la consommation privée due à la faiblesse des revenus, ainsi qu’une offre croissante des produits alimentaires ont maintenu les prix à la baisse. Sur la base des données disponibles au 30 juin 2018, l’évolution de l’inflation par pays se présente comme suit : Cameroun (+ 0,8 %), République Centrafricaine (+3,8 %), Congo (+1,2 %), Gabon (+2,8 %), Guinée Équatoriale (+0,3 %) et Tchad (+1,6 %).
En glissement annuel, l’analyse du niveau général des prix dans la CEMAC, fait ressortir un taux d’inflation de +2,1 % à fin juin 2018, contre +1,0 % un an plus tôt. Par pays elle se présente ainsi qu’il suit : Cameroun (+0,9 %), République Centrafricaine (-1,6 %), Congo (+1,1 %), Gabon (+5,4 %), Guinée Équatoriale (1,5 %) et Tchad (+5,6 %).
L’analyse du niveau général des prix dans la CEMAC, en comparaison avec ses principaux partenaires, fait ressortir des différentiels d’inflation globalement favorables. Ainsi, en glissement annuel, les écarts d’inflation à fin juin 2018 se présentent ainsi qu’il suit : États-Unis (-0,7 %), France (-0,2 %) et Nigeria (-9,2 %). En revanche, ce différentiel a relativement été défavorable vis-à-vis de l’UEMOA (+1,5%) et de la Zone Euro (+0,4 %).
Par pays, l’analyse des contributions montre que l’évolution du niveau général des prix en glissement annuel dans la CEMAC a été alimentée par le Tchad (+0,9 point), le Gabon (+0,7 point), Cameroun (+0,4 point), et dans une moindre mesure par le Congo (+0,1 point) et la Guinée Équatoriale (+0,1 point).
En moyenne annuelle, l’expansion des pressions inflationnistes a été fortement poussée par les niveaux des prix au Cameroun (+0,4 point), en République Centrafricaine (0,3 point), au Gabon (+0,3 point), au Tchad (+0,3 point) et dans une moindre mesure au Congo (+0,1 point).
L’inflation sous-jacente, mesurée par la variation de l’indice sous-jacent , a baissé en glissement annuel, pour se fixer à +0,4 % au 30 juin 2018, contre +0,8 % à la même date en 2017, tandis qu’elle a crû en moyenne annuelle pour s’établir à +1,0 % en juin 2018, contre +0,6 % un an plus tôt.
A fin 2018, l’inflation globale des pays de la Zone devrait demeurer sous la norme communautaire, malgré une légère révision à la hausse de la prévision de celle-ci effectuée par les services de la Banque.
En glissement annuel, le taux d’inflation devrait se situer à +2,2 % à fin 2018, après +1,4 % en 2017. Pour sa part, le taux d’inflation de la communauté, en moyenne annuelle, passerait de +0,9 % en 2017 à 1,7 % en 2018. En tout état de cause, les effets des politiques fiscales visant l’amélioration des ressources non pétrolières expliqueraient pour l’essentiel cette orientation du niveau général des prix.





























