Du fait de plusieurs incohérences et incongruités en matière d’exécution budgétaire, le ministre du Budget et des Comptes Publics, Sosthène Ossoungou Ndibangoye, appelle les administrations sectorielles à revoir leurs copies dans les plus brefs délais.
C’est l’essentiel de la séance de travail qui a réuni le Secrétaire général du ministère du Budget et des Comptes publics, Patrice Inguila avec les Directeurs centraux des affaires financières(DCAF), le 04 octobre dernier.
Cette rencontre tenue sur instruction du ministre du Budget et des Comptes Publics Sosthène Ossoungou Ndibangoye, avait pour principal objectif, de sensibiliser sur l’exécution du budget annuel d’investissement.
Elle était d’autant plus importante qu’elle a vu présence du Directeur général adjoint des finances publiques et du Directeur du suivi et de la régulation de l’exécution budgétaire.
A l’occasion, Patrice Inguila a fait un constat très accablant de l’exécution des marchés en République gabonaise. Selon lui, « plus de 200 marchés ont été signé, mais aucune exécution à deux mois de la clôture de l’année budgétaire 2021 ».
Pour colmater les brèches, il a mis les DCAF, à contribution, en tant que prolongement du ministère du Budget dans les administrations sectorielles. Ces derniers sont ainsi appelés à aider les administrations en difficultés, à exécuter leur budget annuel, dans les plus brefs délais. Dans le même ordre d’idées, il est prévu des journées d’engagement du 05 au 08 octobre 2021, pour les dossiers à jour.
Pour un assainissement de l’écosystème des marchés publics
Le microcosme des marchés publics au régulièrement décrié aussi bien par les institutions internationales que par les entreprises locales. En effet, selon une note de la Banque mondiale, « peu de projets sont attribués suivant un processus concurrentiel, et le public a un accès limité aux informations sur la passation des marchés publics ».
Une disposition contraire au Code des marchés publics (CMP) qui promeut pourtant, « le caractère ouvert, c’est-à-dire concurrentiel, et transparent à travers l’accès du public aux informations, des processus de passation des marchés », déplore la BM.
Dans une récente évaluation du système des marchés publics, l’institution met également en exergue, le caractère incomplet et / ou obsolète des textes d’application du CMP, notamment, des manuels de procédures.
En effet, décrit la BM, « les autorités gabonaises ne disposent pas de manuel sur les plans de passation des marchés publics. Dans les faits, l’entente directe est la pratique largement dominante. Le public a un accès limité aux informations sur la passation de ces marchés publics ».
Seul le cadre juridique des marchés est mis à la disposition du public. Les opportunités de soumissions ne sont publiées que pour les marchés passés par voie d’appels d’offres. Tandis que l’attribution des marchés, les informations sur les résultats du règlement des plaintes, les statistiques annuelles et les plans de passation des marchés ne sont pas publiés.
Même son de cloche du côté du Fonds monétaire international (FMI) qui semble enfoncer le clou. « Les rôles stratégique et opérationnel se confondent avec une multiplicité d’acteurs qui élaborent sans coordination leur propre liste de projets, parfois sans lien avec la liste finale retenue pour l’inscription des projets dans la loi de finances. Les outils de planification sont inexistants, dispersés ou inopérants, et la définition des projets et de leurs modes de financement ne repose pas en pratique sur des critères objectifs fondés sur des études préalables », indique-t-il.
Toujours selon le FMI, ces défauts de planification affectent directement l’allocation des moyens et l’exécution des projets. En l’absence d’une planification issue de processus coordonnés, l’allocation des moyens lors de la programmation budgétaire des dépenses d’investissement se révèle incomplète et subjective.































