Dans un panel composé de Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Économie verte et numérique du Maroc, de Mehdi TAZI RIFFI, président, Africa Economic Zones Organization (AEZO), de Jean-Louis GUIGOU, Fondateur IPEMED et La Verticale AME et de Samuel Goldstein, directeur Afrique de MERIDIAM, représentant le président Thierry Déau, Carmen Ndaot exposera sur la réussite du model gabonais en matière de Zone économique spéciale.
Tandis que Anne Nkene Biyo, Directrice générale de l’Autorité de la ZES de Nkok interviendra a la seconde table ronde, qui s’emploiera à mettre en exergue, les possibilités nouvelles et l’efficacité accrue d’un modèle revisité, à co-construire ensemble par l’Europe et l’Afrique, afin d’accélérer l’indispensable co-développement.
Tout l’intérêt de cette rencontre se résume dans l’avant propos écrit par Thierry Déau, président de MERIDIAM. Lequel met en exergue, le rôle essentiel que peut constituer une ZES dans la stratégie d’émergence du continent, tout en traçant des layons pour leur réussite.
Dans son rapport, il décline les multiples enjeux qui justifient la création des Zones économiques spéciales aujourd’hui. D’abord explique-t-il, «Alors que l’Afrique importe la plupart de ses produits manufacturés, l’objectif d’accroître les niveaux de transformation industrielle demeure clé ».
En outre, «L’Afrique dispose en théorie de nombreux atouts – à commencer par un accès aux matières premières, une réserve de main d’œuvre abondante, la montée en puissance d’une classe moyenne consommatrice – pour réussir une émergence qui s’appuie sur l’industrialisation, la substitution aux importations et une insertion dans les marchés mondiaux, le tout soutenu par l’afflux d’investissements étrangers », poursuit-il.
Dans ce contexte, relève M. Déau, la constitution de ZES, dans ses différentes déclinaisons, a pu et peut constituer un élément important de cette stratégie d’émergence, comme l’a montré la multiplication des ZES, notamment d’initiative chinoise, sur le continent africain.
D’une part, en concentrant en un lieu de facilités administratives et fiscales ainsi qu’en matière d’infrastructures, il s’agit d’attirer des IDE dont on sait la sélectivité et la sensibilité à l’environnement, s’agissant de leur concentration sur un certain nombre de zones ou de pays. D’autre part, le développement de ces zones, généralement centrées sur un/des secteur(s) particulier(s) est censé générer à terme, une fois une filière forte structurée, des retombées sur le reste de l’économie et les autres secteurs.
La nécessité d’une articulation avec le tissu économique local
Au-delà des discussions théoriques, force est de constater que les réalisations pratiques ont jusqu’ici pu donner des résultats contrastés, indique le président de MERIDIAM. Il précise par ailleurs que, « Si beaucoup de ZES ont pu jouer un rôle dans la transformation structurelle des économies de leur pays et favoriser une meilleure insertion dans les échanges, d’autres ont souffert d’« effets d’enclaves », sorte de ZES hors sol, recourant massivement à la main d’œuvre étrangère, donc sans impact sur l’emploi et la compétitivité du pays d’accueil du fait de l’absence d’articulation avec le tissu économique local ».
Ainsi, si toutes choses égales par ailleurs, les entreprises performent mieux dans les ZES que hors des ZES, les effets positifs au-delà de la seule zone, à l’échelle de la région et du pays, sont loin d’être univoques.
Ainsi, pour réussir il préconise que les ZES doivent bénéficier d’un niveau minimal de capacités nationales et ne peuvent se substituer, seules, à des réformes plus globales et structurelles, tant en matière d’éducation et de formation, afin de s’assurer d’une main d’œuvre compétente, que d’accès aux infrastructures et à des corridors de transport, voire même bénéficier de dispositions de type “obligation de transformation locale” comme l’exemple-phare de la zone de Nkok au Gabon a pu en bénéficier s’agissant du secteur du bois.
Repenser un modèle de ZES plus inclusif et durable
L’auteur de cet avant propos révèle en outre que l’assistance à la création de ZES par des partenaires étrangers peut être précieuse d’un point de vue manufacturier ou des infrastructures associées, mais ne peut réussir et profiter au pays que si elle est associée à des transferts de compétences, la mise en œuvre de coopérations entre entreprises de la zone et entreprises locales.
Evidement, c’est selon lui, le sens que pourrait prendre la redéfinition en cours des relations afro-européennes, guidée par une volonté grandissante de promouvoir une logique partenariale respectueuse de la souveraineté des États sur le long terme.
« À nous, investisseurs, et aux décideurs publics, d’en tirer les conséquences alors que les contraintes d’infrastructures demeurent sévères, que les chaînes de valeur mondiales sont déstructurées, et que, somme toute, l’insertion du continent y demeure très faible », lance-t-il.
Avant d’indiquer que « c’est là, le second mérite de ce rapport que d’appeler à repenser un modèle de ZES plus apte à parvenir à une industrialisation inclusive et durable, qui d’une part fait passer l’intégration dans le commerce international par la constitution autour des ZES de chaînes de valeur locales et sous-régionales, et d’autre part concourt à la résorption du gap d’infrastructures par le développement de corridors régionaux et de plateformes multimodales, telles qu’en offrent déjà certaines ZES ».
Et de conclure, « Pour ces dernières, comme pour les économies locales, il incombe aujourd’hui que les marchés locaux et sous-régionaux puissent représenter une part croissante des débouchés des industries de transformation que les ZES hébergent. Et c’est à ces objectifs ambitieux que Meridiam s’emploie à donner corps dans le cadre du développement actuel en Afrique de l’Ouest de sa première zone économique spéciale ».
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