Au Gabon, les statistiques de la pandémie du VIH/SIDA montrent que plus de 40 ans après la découverte du 1ercas de sida dans le monde, le combat est loin d’être gagné. La commémoration de la journée internationale de lutte contre le VIH/SIDA, ce 1er décembre donne l’occasion pour les acteurs engagés dans la lutte, de faire un point d’étape du chemin parcouru, mais surtout de plancher sur les actions à mener pour venir à bout de la maladie.
Au Gabon, c’est de manière conjointe que le Programme commun des Nations Unies pour le Sida (ONUSIDA), la Direction générale de la prévention du Sida (DGPS) et la coordination du Système des Nations Unies se mobilisent pour une sensibilisation sur la situation de l’épidémie du VIH au Gabon.
La pandémie de la Covid 19 n’a pas épargné les malades du Sida, mais la détermination des acteurs à booster cette pandémie ferme et les objectifs clairement définis : mettre fin aux inégalités, mettre fin au Sida, mettre fin aux pandémies.
Vent d’espoir
Mais selon Françoise Ndayishimiye, Directrice nationale de l’ONUSIDA au Gabon, avec un soutien approprié, le pays peut reprendre la trajectoire visant à éliminer le sida d’ici à 2030 (ONUSIDA). Elle marque également son optimiste dans le cadre de la lute contre cette pandémie. « Le Gabon pourra y arriver car le pays s’apprête à préparer son nouveau plan stratégique 2023-2027. L’ONUSIDA va accompagner ce processus et appellera la conjugaison des efforts de toutes les organisations coparraines à faire de même ; la nécessité de mettre en place un mécanisme de suivi de l’appel et des recommandations issus de ce sommet.», a-t-elle déclaré.
Car selon elle, le pays a des atouts et avance à petit pas mais surement dans sa réponse au VIH. Avec un soutien approprié, il peut reprendre la trajectoire visant à éliminer le sida d’ici à 2030, a-t-elle laissé entendre. Avant d’évoquer les principaux atouts du pays.
En outre, l’accès au dépistage et aux traitements antirétroviraux (ARV), gratuit depuis 2005, s’est modernisé avec la généralisation de l’utilisation du Dolutégravir ; la décentralisation de la prise en charge ; et l’implication accrue de la société civile dans l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) sous traitement ARV. La législation a dépénalisé l’homosexualité pour favoriser leur accès aux services de prévention et de prise en charge. Les législations en faveur de l’égalité de l’homme et de la femme et contre les violences faites aux femmes sont des ajouts majeurs qui favoriseront l’environnement juridique et politique pour accélérer la réponse au VIH.
Optimisme prudent
Françoise Ndayishimiye marque toutefois un bémol dans sa vision. Selon elle, « Il reste cependant des progrès à faire dans le renforcement de la chaîne d’approvisionnement et de gestion des intrants en particulier des antirétroviraux pour éviter des ruptures de stock des intrants nécessaires pour les luttes contre le VIH et les autres endémies. En outre, il faudra investir des ressources conséquentes pour renforcer la prévention et prioriser davantage les populations clés et notamment les adolescents et les jeunes y compris ceux qui vivent avec le VIH : ils ont besoin d’être soutenus par des pairs, de recevoir une éducation sur la santé sexuelle et reproductive à l’école et en dehors, afin de leur garantir un avenir sans VIH ».
Pour y arriver, préconise-t-elle, une réponse multisectorielle est indispensable. « En tant que pays champion pour l’initiative Education Plus, le Gabon est le mieux placé pour accélérer des actions holistiques pour prévenir les nouvelles infections chez les jeunes et en particulier les jeunes filles », conclut-elle.



















