Les dynamiques de l’emploi en Afrique centrale restent un défi majeur pour les États de la sous-région. Les niveaux de chômage restent élevés, une tendance qui s’ajoute à une population jeune en quête d’opportunités et à une prévalence de l’informalité sur le marché du travail. Pourtant, l’atteinte de l’objectif 8 du Programme de développement Durable (ODD 8) dépend d’une croissance économique durable et inclusive, qui puisse favoriser la création d’emplois décents et d’opportunités pour l’ensemble de la population.
Le taux de chômage reste un grand défi pour une grande partie des pays en Afrique centrale. Le taux de chômage moyen de la sous- région a connu une relative stabilité entre 2019 et 2023, malgré la crise provoquée par la pandémie de la Covid-19. Ce taux a atteint 10,8 % en 2021 avant de reculer à environ 9,8 % en 2023, chiffre similaire à celui de 2019.
La moyenne de la sous-région cache toutefois des hétérogénéités entre pays. Les taux enregistrés pour le Burundi et le Tchad, par exemple, sont inférieurs à 1 % en 2023, alors que la République du Congo et le Gabon enregistrent respectivement des taux de 19,8 % et de 20,3 %. Ces derniers représentent les taux les plus élevés dans la sous- région.
De plus, le chômage n’affecte pas tous les citoyens de la même façon. Les différences sont particulièrement significatives entre hommes et femmes, ainsi que les jeunes (15 à 24 ans) et les plus de 25 ans. En effet, dans la sous-région, le taux de chômage des femmes (11,7 % en 2023) est supérieur à celui des hommes (8,6 % en 2023). La différence est particulièrement marquante dans certains pays de la sous-région, notamment le Gabon (29,1 % pour les femmes contre 14,5 % pour les hommes) et São Tomé-et-Principe (22,1 % pour les femmes contre 9,9 % des hommes).
De même, le taux de chômage des jeunes (15 à 24 ans) dans la sous-région est lui aussi bien supérieur à la moyenne générale, atteignant environ 17,5 % en 2023. Lorsque l’âge et le sexe interagissent, les femmes se retrouvent encore plus discriminées. En 2023, le taux de chômage des jeunes femmes est de 19,1 % versus 16,7 % pour les jeunes hommes.



















