« Nous, citoyennes et citoyens du Gabon, concernés, portons à votre haute attention la vive préoccupation que suscite la récente décision de la justice française confirmant la confiscation de biens appartenant à la famille Bongo, d’une valeur estimée à soixante-dix millions d’euros, soit environ 45 milliards de francs CFA.
Ces biens, dont les conditions d’acquisition ont été reconnues illicites par les autorités judiciaires françaises, constituent avant tout une part du patrimoine du peuple gabonais. Ils représentent une occasion historique de réparer, dans la dignité, le préjudice subi et de réorienter ces ressources vers des projets de développement au service exclusif de notre nation.
La restitution de ces avoirs incarnerait un acte de justice véritable et d’équité universelle. Elle renforcerait le lien de confiance entre la France et le Gabon, deux nations unies par une longue histoire et désormais appelées à refonder leurs relations sur les principes de transparence, de responsabilité partagée et de respect mutuel.
Il importe aussi de dissiper toute perception regrettable selon laquelle certaines décisions judiciaires pourraient avoir pour effet de « déloger du luxe français » les élites africaines, comme si la prospérité africaine devait se cantonner à l’invisibilité. Une telle interprétation, bien que non exprimée, entretient une ambiguïté que seule une restitution claire et équitable des biens concernés saurait corriger.
En conservant la propriété de ces actifs sans en transférer la titularité à leur propriétaire légitime, la France court le risque de glisser, malgré elle, du rôle de justicier à celui de détenteur indu de biens publics étrangers, retenant sur son sol des biens qu’elle reconnaît pourtant comme issues des avoirs du peuple gabonais. Une telle situation reviendrait à priver ce dernier du fruit même d’une justice rendue, en principe, en son nom.
Nous sollicitons en conséquence de Monsieur le président de la République française l’ouverture, en concertation avec le gouvernement gabonais, d’un processus formel de transfert de propriété desdits biens au profit de l’Etat du Gabon, seul détenteur légitime de ces ressources au bénéfice exclusif de son peuple. Nous invitons par ailleurs les autorités gabonaises à garantir que les fonds et actifs récupérés soient rigoureusement affectés à des programmes d’intérêt public — sociaux, éducatifs et sanitaires — et demandons l’accompagnement des organisations internationales et de la société civile pour assurer la transparence et la traçabilité de leur gestion.
Restituer ces biens, c’est plus qu’un geste symbolique : c’est réparer une injustice historique, restaurer la confiance entre nos deux peuples et affirmer qu’une justice authentique ne saurait priver, mais restituer ; ne saurait dominer, mais réparer ; ne saurait effacer, mais reconnaître la dignité africaine au cœur même de l’équité universelle.
Pour la dignité du peuple gabonais et au nom des valeurs de justice partagée, nous appelons donc solennellement que cette restitution des biens confisqués par la France au détriment du peuple gabonais, soit effective et sans délai ». (https://www.change.org/p/gabon-appel-%C3%A0-la-restitution-des-biens-confisqu%C3%A9s-par-la-france)

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