Au Gabon, la situation des finances publiques reste préoccupante. Le contexte semble ainsi donner raison à l’agence Fitch Ratings qui, au mois de décembre 2025, tablait dans ses analyses allaitait sur l’augmentation des déficits budgétaires, la restriction croissante de l’accès aux marchés de la dette régionaux, la raréfaction des financements officiels et le niveau élevé des amortissements ont engendré de fortes tensions sur la liquidité des administrations publiques, tant au niveau national qu’international, et une hausse des arriérés.
Sur la même lancée, la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) souligne que la situation budgétaire du Gabon restera fragile en 2026, avec le déficit qui continuera de se creuser. Et qu’an dépit de la baisse des revenus pétroliers (50% des recettes fiscales), le gouvernement entend maintenir sa politique expansionniste.
Ainsi, le budget 2026 prévoit un quasi-doublement des dépenses de fonctionnement, afin de maintenir les subventions sur les carburants et de financer des programmes sociaux dans l’éducation et la santé pour réduire la pauvreté multidimensionnelle. Parallèlement, les investissements publics connaitront une hausse spectaculaire (multipliés par près de 4), principalement orientés vers les infrastructures, les ports et les routes.
Bien que des mesures soient prévues pour accroître les recettes – nouvelles taxes (accises, habitation), réduction des exonérations fiscales, rationalisation des subventions et numérisation de la collecte – ce budget est difficilement réalisable en raison des contraintes de financement. La perspective d’un nouveau programme d’appui financier du FMI apparaît donc peu probable, ce qui exacerbera les risques de financement en 2026.
Le ratio d’endettement public augmentera, dépassant largement le plafond de 70% du PIB fixé par la CEMAC, avec une part importante de dette locale et régionale (51%) croissante. Inversement, la dette extérieure, entièrement publique, verra son poids dans le PIB diminuer en 2026. En effet, l’accès aux financements internationaux reste limité.
A fin octobre 2025, l’encours de la dette publique avait augmenté de 20,6% en glissement annuel, le marché financier de la CEMAC représentant la majeure partie de cette hausse. Toutefois, la liquidité sur ce marché demeure tendue malgré la baisse des taux directeurs en 2025 et des injections de liquidités record depuis 2021. Enfin, l’accumulation d’arriérés de paiement domestiques et extérieurs, atteignant 792 millions de dollars à fin octobre 2025, accentue les risques de trésorerie.
L’excédent du compte courant continuera de se réduire, principalement sous l’effet d’un recul de l’excédent commercial lié à la baisse des recettes d’exportation. Cette évolution reflète la faiblesse persistante des cours mondiaux du pétrole et la hausse des importations, notamment de biens d’équipement associés aux projets d’investissement dans les secteurs pétrolier, minier et forestier, ainsi que les infrastructures de transport connexes.
Parallèlement, les exportations non pétrolières – manganèse, GNL et minerai de fer – devraient croître sensiblement avec la mise en service de nouveaux sites, sans toutefois compenser totalement le repli des ventes pétrolières. À cela s’ajoute l’aggravation du déficit structurel des services, le pays restant tributaire de compétences techniques importées.
Le rapatriement des bénéfices des entreprises étrangères continuera de peser sur le solde courant. La part gabonaise dans les réserves de change de la CEMAC devraient reculer en 2026 sous l’effet de la baisse des recettes pétrolières, ne couvrant en moyenne que 2 mois d’importations, soit un niveau inférieur au seuil prudentiel de trois mois.



















