L’efficacité des financements extérieurs est une réelle préoccupations des autorités gabonaises. Pour rompre avec ses avatars, par le biais de la Task Force coordination des financements extérieurs, le ministère de l’Economie et de la Relance a organisé une séance de travail avec les représentants des institutions multilatérales accrédités dans le pays.
La rencontre avait pour objectif principal, la mise en place, d’un Cadre de coordination nationale pour le développement (CCND) avec les Partenaires techniques et financiers (PTF) actifs dans le pays. Le but visé étant l’amélioration de l’efficacité des financements extérieurs.
Pour ce faire, le gouvernement entend s’appuyer sur deux principaux instruments. Il s’agit de la Déclaration de Paris du 02 mars 2005 sur l’efficacité de l’Aide au développement et de la Déclaration de Busan de décembre 2011.
S’agissant de la première réforme, elle se veut un instrument majeur dans le fonctionnement des stratégies de développement. Elle comprend une série d’indicateurs et de cibles pour améliorer l’efficacité de l’aide. Elle présente aussi des moyens pour améliorer la coordination et la répartition des tâches entre les donateurs et accroître la responsabilité des bénéficiaires de l’aide publique. Elle se résume en cinq objectifs : le renforcement de la responsabilité des pays partenaires, la réalisation par les donateurs des programmes en collaboration avec les institutions des pays partenaires et mieux les aligner sur leurs objectifs, une meilleure harmonisation des programmes et des procédures.
En outre, les activités de développement doivent être axées sur les résultats et non pas uniquement sur les prestations fournies, tandis que les pays donateurs et les pays partenaires doivent rendre compte conjointement à l’opinion publique de leurs activités au service du développement. Autrement dit, la Déclaration de Paris a intensifié é les efforts de coordination entre les donateurs et exerce également une influence sur la coopération suisse au développement.
Quant au Partenariat de Busan, il préconise ’une coopération efficace au service du développement, résultant d’une collaboration entre ministres des pays développés et en développement, les économies émergentes, les fournisseurs de la coopération Sud-Sud et triangulaire et la société civile. Il marque un tournant essentiel dans la coopération pour le développement. L’Accord de Partenariat de Busan énonce un ensemble de lignes directrices pour un large éventail de modalités d’aide.
Pour le gouvernement, le Cadre de Coordination envisagé se veut un dispositif d’échanges et de dialogue qui regroupera les différents Partenaires techniques et financiers (PTF) multilatéraux et bilatéraux, impliqués dans les projets de développement au Gabon, mais il doit également permettre de mieux préparer le Gabon dans le système PPPBSE (Prospective, planification, programmation, budgétisation, suivi et évaluation du développement) et aboutir à un Cadre national de financement intégré (CNFI).
L’efficacité de la dépense publique au Gabon est sujette à de nombreuses incongruités. La pandémie de la Covid-19 est venue amplifier ses contraintes structurelles qui existaient avant son avènement, y compris la faiblesse de la planification, la fragilité de la gestion macroéconomique et le manque d’efficacité des investissements publics qui, par ailleurs, sont toujours utilisés comme variable d’ajustement.
Il en est de même des dysfonctionnements dans les allocations des ressources (publiques et privées). Ce qui ne permet pas à l’économie de réaliser tous ses avantages comparatifs afin de se diversifier et de monter en gamme, seule issue pour renforcer la résilience aux chocs exogènes (PNUD, 2020).
Par ailleurs, le Gabon reste encore peu attractif, du fait de l’étroitesse du marché intérieur, la lourdeur des procédures administratives, la faible productivité du travail, les coûts de production élevée, une main-d’œuvre rigide et insuffisamment qualifiée, et la faiblesse des infrastructures. Ces multiples obstacles structurels signalent que de réformes concertées, avec tous les acteurs concernés et ciblés selon les besoins spécifiques des secteurs concernés, seront nécessaire afin de surmonter ces obstacles structurels.



















