Relativement épargnée par la première phase de la crise sanitaire en 2020, l’Afrique subsaharienne est néanmoins entrée dans sa première récession économique en 25 ans.
Si les pays de la CEMAC ont montré une certaine résilience sanitaire à la crise de la Covid, les conséquences des restrictions de déplacement mises en place au 2ème trimestre et le choc de demande entrainé par la récession mondiale sans précédent auront, ici comme ailleurs, pesé sur la croissance. Dans la zone CEMAC, l’impact serait de l’ordre de 6,5 points par rapport au référentiel d’avant crise, avec une récession estimée à -3 % dans les dernières estimations du FMI, contre une projection de croissance de l’ordre de 3,5 %. Cette dégradation s’explique largement par les effets de la baisse de la demande mondiale sur les prix des matières premières exportées par la zone, et en premier lieu des cours du pétrole, dont le niveau moyen aura été de 42 USD par baril en 2020, contre 64 en 2019.
Le secteur pétrolier est celui qui a eu l’effet le plus important sur les finances publiques
Si les deux secteurs de l’économie ont été également touchés par la crise sanitaire, le secteur pétrolier est celui qui a eu l’effet le plus important sur les finances publiques. L’impact budgétaire aura été variable d’un pays à l’autre, en lien avec le niveau de diversification des pays et donc leur dépendance aux recettes pétrolières. Mais tous les pays ont été amenés à revoir leurs prévisions de recettes budgétaires pour s’adapter à la crise. Cumulées, les lois de finances rectificatives ont ainsi réduit les prévisions de recettes pétrolières de près de 1 100 Mds FCFA. La baisse est moins importante qu’en 2015, néanmoins : les recettes pétrolières représentaient une part plus faible en 2019 qu’en 2014.
Les efforts de consolidation budgétaires ont été interrompus
Les dépenses ont également été revues à la baisse, mais là également l’ampleur de la contraction aura été moindre que dans les années qui ont suivi la crise pétrolière. Les dépenses destinées à la réponse Covid ont compensé une partie de la baisse, notamment dans le secteur de la santé, et les aides des bailleurs ont permis de limiter la diminution des dépenses du budget général.
Conséquence de cette baisse de recettes plus forte que la contraction des dépenses, le solde budgétaire de la zone CEMAC (dons compris) devrait atteindre -2,6 % en 2020, selon les dernières estimations du FMI ce qui représente une dégradation de 3,4 points par rapport aux prévisions pré-Covid (qui anticipaient un solde budgétaire excédentaire, à 0,8 %). Cette évolution efface une partie des efforts de consolidation budgétaire qui ont suivi la crise de 2015/2016.


















