Selon les données du ministère de l’Economie, les mesures mises en œuvre par le gouvernement pour juguler l’inflation sont globalement salutaires. A la fin du premier semestre 2025, la tendance affiche une poursuite du recul de l’inflation. A en croire la note de conjoncture sectorielle de la direction générale de l’économie, le deuxième trimestre 2025 a été caractérisé par un recul de l’inflation par rapport au trimestre précédent.
En glissement trimestriel, l’indice harmonisé des prix à la consommation a faiblement progressé de 0,5% par rapport au premier trimestre de l’année 2025. Par ailleurs, en moyenne annuelle, l’inflation s’est établie à +1,6% à fin juin 2025, contre +1,7% à la même période en 2024. Analysée par poste de consommation, cette désinflation est perceptible sur la totalité des postes de consommation à l’exception des produits alimentaires et boissons alcoolisées (+1,0% contre +0,5%) et des Communications (+0,3% contre -0,1%).
S’agissant du Logement, les prix ont baissé en glissement trimestriel de 0,3% contre une inflation de 0,1% le trimestre précédent. Dans le domaine de la santé, la baisse des prix enregistrée au deuxième trimestre (-0,4% contre +0,2%) est liée essentiellement à la stabilisation des prix des médicaments et l’amélioration des remboursements des médicaments pris en charge par la CNAMGS.
Aussi la baisse de l’inflation dans les transports (+1,3% contre +2,6%), est consécutive principalement au maintien des prix des produits à la pompe. En revanche, l’inflation des Produits alimentaires au deuxième trimestre 2025 porte sur les céréales non transformées (+3,6% contre +1,8%), poissons frais (+0,2% contre -0,2%), poissons et autres produits séchés ou fumés (+2,7% contre 1,8%), légumes frais en fruit ou racine (+0,6% contre -1,1%) et légumes frais en feuilles (+0,9% contre -2,3%), en lien avec la baisse de l’offre sur le marché. Par conséquent, l’inflation sous-jacente a diminué au deuxième trimestre 2025 (+0,3%) contre +0,7% au premier trimestre 2025.
Quant à l’analyse par nomenclature secondaire, par origine elle montre que la désinflation enregistrée au deuxième trimestre 2025 est d’origine locale (+0,56% contre 0,59%). A l’inverse, l’inflation importée s’est renforcée (+0,5% contre +0,3%). Tandis que le découpage sectoriel montre que l’évolution en glissement trimestriel provient des produits du secteur tertiaire (+0,2% contre +0,6%). En termes de durabilité, l’atténuation inflationniste résulte des biens de consommation durables (+0,1% contre +0,3%), semi-durables (-0,2% contre 0,1%) et des services (+0,2% contre +0,6%).
Il convient tout de même de noter que la politique gabonaise de réduction de l’inflation repose sur une combinaison de mesures budgétaires, fiscales et structurelles, incluant la création d’une centrale d’achat (CEAG), la réduction des subventions aux carburants, des allègements fiscaux et des mesures sociales (transport gratuit) pour atténuer l’impact sur les ménages, tout en visant à renforcer la production locale (agriculture, pêche) et l’efficacité budgétaire (budget base zéro) pour une stabilité durable. Ces actions, menées par le gouvernement en 2024-2025, ont permis au Gabon d’afficher des taux d’inflation parmi les plus bas de la zone CEMAC.



















