Le gouvernement gabonais est engagé dans un processus de redynamisation de son secteur pétrolier, en particulier dans les zones d’eaux profondes qui restent encore largement sous-exploitées. Dans ce cadre, des discussions stratégiques sont engagées avec plusieurs majors et partenaires du secteur, notamment ExxonMobil, dont les contacts ont déjà été établis à Washington et à Luanda.
Dans le cadre de la poursuite des ces échanges, une délégation de ladite société a eu une séance de travail, ce 28 août 2025 à Libreville, avec le ministre du Pétrole et du Gaz, Sosthène Nguema Nguema en vue d’un accord. Pour le gouvernement gabonais, ces discussions avec ExxonMobil s’inscrivent dans la nouvelle stratégie en matière de développement pétrolier.
« En trois mois, nous avons initié très rapidement ce processus qui consiste à faire la promotion de notre domaine pétrolier », a déclaré le ministre Sosthène Nguema Nguema. Selon lui, « Ces échanges, informels au départ, ont désormais été formalisés. ExxonMobil a exprimé un intérêt marqué pour l’exploration et l’exploitation pétrolières en eaux profondes au Gabon. Une première séance de travail s’est tenue récemment avec eux, et elle s’est conclue sur une note très positive, laissant présager une possible implantation prochaine de cette grande compagnie américaine dans notre pays ».
L’objectif étant d’« attirer des acteurs de référence » et « placer en eau profonde des sociétés qui peuvent venir s’installer et augmenter la production gabonaise ». Cette collaboration vise donc, non seulement à booster la production, mais aussi à diversifier les partenaires stratégiques du pays.
Un potentiel immense encore sous-exploité
Selon le ministre Sosthène Nguema Nguema, le Gabon dispose encore d’un immense potentiel encore sous-exploité. « À mon arrivée au ministère, j’ai constaté que 72 % du domaine pétrolier gabonais, en particulier en eaux profondes, était encore libre. Face à cette réalité, nous avons défini une vision claire : attirer des majors (grandes compagnies pétrolières) pour investir en eaux profondes, booster la production nationale, et valoriser le potentiel du bassin sédimentaire gabonais », a-t-il révélé.
Pour sa mise en œuvre, un ambitieux processus de promotion a été engagé. Ses résultats sont d’ailleurs prometteurs. A preuve, les échanges avec ExxonMobil, ont mis en lumière certains freins structurels présents dans le Code des hydrocarbures, notamment : le bonus de signature, historiquement élevé, qui représente un obstacle majeur à l’investissement en eaux profondes, où les risques sont beaucoup plus importants.
Sur les instructions du chef de l’État, le gouvernement a également engagé une révision du cadre législatif. Ainsi, un code pétrolier et gazier sera mis en place. Il vise à rendre l’environnement légal plus attractif. Parmi les mesures envisagées : la suppression du bonus de signature pour les projets en eaux profondes, afin de s’aligner sur les standards internationaux et encourager l’investissement.
Un signal fort aux investisseurs
Cette nouvelle orientation commence à porter ses fruits. De grandes compagnies frappent déjà à la porte du ministère, séduites par cette vision nouvelle, ambitieuse et réaliste du chef de l’État pour le secteur pétrolier. La réunion de travail avec ExxonMobil a également marqué le point de départ d’un processus d’installation potentielle de cette société au Gabon. Tous les acteurs nationaux y étaient présents : experts gabonais, sociétés nationales (la GOC, Assala), ministères de la Planification et des Finances. Cela démontre le sérieux et la mobilisation autour de ce projet stratégique pour notre pays.
Autrement dit, le Gabon est désormais prêt à prendre un nouveau tournant dans l’exploration en eaux profondes, à faire les réformes nécessaires, et à s’imposer comme un acteur majeur de la production pétrolière dans la sous-région. Le pays se dote progressivement des outils et de la vision nécessaire pour relancer durablement son secteur pétrolier.



















