En effet, cet instrument de dialogue public privé est appelé à redorer le climat des affaires dans une zone région en proie à d’énormes maux et écueils en la matière. Pour ce faire, cet instrument va assumer deux fonctions principales. La première portera sur l’information sur le climat des investissements, à travers la base de données, principal outil de travail, et accessible à l’ensemble des acteurs concernés, et un système de diffusion de l’information.
La seconde fonction sera d’assurer la diffusion, avec pour objectif de cerner les enjeux du climat des investissements et de définir des stratégies pour son amélioration. Ses outils sont entre autres, la mise à jour permanente de la base de données des indicateurs, des pages web comportant les données concernées et la publication régulière de bulletins périodiques.
De ces fonctions découlent plusieurs missions. Il s’agira en premier lieu, de favoriser une meilleure connaissance de l’environnement du climat des investissements, à travers la collecte, le traitement et la diffusion des informations sur les environnements macroéconomique, microéconomique et méso ; de fournir aux acteurs du système d’information, la base référentielle nécessaire au développement des investissements et des affaires, à partir des données techniques et économiques utiles, fiables et normalisées.
Une autre mission consistera à favoriser des échanges et des plateformes d’échanges d’expériences entre les différents intervenants public/institutionnels et privés, dans le but d’améliorer le fonctionnement et la compétitivité des filières ciblées.
A cela s’ajoutera la mission d’effectuer, ou faire effectuer des études et recherches sur le climat des investissements et ses déterminants, etc.
La mise en œuvre de toutes ces fonctions vise à renforcer l’attractivité des pays et de la zone CEMAC ; à renforcer la fluidification des échanges entre les marchés tant au niveau national que sous-régional. Le développement du secteur privé local mieux informé et une meilleure formulation des politiques nationales et régionales d’amélioration du climat des investissements, constitue l’autre but recherché par ces fonctions.
Climat des affaires en Afrique centrale, l’urgence de rétablir la confiance
Pour rappel, le climat des affaires en Afrique centrale nécessite est peu reluisant et nécessite rétablissement de confiance. Selon Etienne Giros, président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), «L’isolement progressif de l’Afrique centrale et sa perte d’attractivité constituent des défis auxquels il faut s’attaquer sans tarder».
Dans une tribune publiée dans le quotidien, L’Opinion en 2020, il met en lumière, les écueils qui obèrent le climat des affaires dans la sous-région. Il indique à cet effet que le climat des affaires n’est plus au beau fixe en Afrique centrale.
Selon lui, «La région fait face des turbulences économiques et des incertitudes monétaires qui obèrent l’horizon des opérateurs économiques. Alors que les pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se sont lancés sur la voie d’une monnaie commune élargie et indépendante (l’ECO), les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) se sont contentés d’une déclaration générale qui soulève davantage d’interrogations que de solutions pour l’avenir ».
Dans ce lot d’obstacles, il ajoute également l’insécurité et l’instabilité qui se propagent dans la sous-région. Notamment, au en République Centrafricaine, mais aussi au nord et à l’ouest du Cameroun.
Il révèle aussi que les entreprises implantées dans les pays de la région se plaignent du harcèlement fiscal dont elles font l’objet. Au Cameroun, l’orage gronde entre le patronat et le fisc et certains parlent même de fiscalité confiscatoire.
Au Congo-Brazzaville, les arriérés de paiement minent la trésorerie des entreprises, tandis qu’au Gabon, la rupture de contrats de concessions négociés avec le secteur privé souligne la précarité du cadre juridique national.
L’addition de tous ces facteurs explique les mauvaises performances des membres de la Cemac au classement Doing Business de la Banque mondiale, qui sert bien souvent de boussole pour les investisseurs internationaux.
Pourtant, déplore-t-il, « les pays d’Afrique centrale, tout particulièrement ceux qui disposent d’un accès maritime, bénéficient d’atouts indéniables : des ports en eaux profondes, une grande diversité géographique, et surtout, une population entreprenante et valeureuse ».
Avant d’alerter sur le fait que l’isolement progressif de l’Afrique centrale et sa perte d’attractivité constituent des défis auxquels il faut s’attaquer sans tarder. Faute de quoi, souligne, le président du CIAN, « nous pourrions assister au désengagement des investisseurs internationaux. C’est la crainte que nous avons aujourd’hui pour un pays comme le Cameroun ».



















