Une enquête du cabinet britannique, l’Environmental Investigation Agency, Inc. (EIA) vient de révéler les dessous du Groupe Dejia, dans l’exploitation forestière dans le Basin du Congo.
Selon les enquêteurs, à chaque étape de l’exploitation forestière et du commerce de bois dans le bassin du Congo, les filiales du Groupe Dejia ont à maintes reprises enfreint les règles forestières les plus fondamentales au Gabon et en République du Congo.
Pillage et trafic d’influence
Les enquêteurs d’EIA indique avoir découvert dans leur étude que ces sociétés ont soudoyé des responsables nationaux afin de remporter au un appel d’offres pour l’attribution de centaines de milliers d’hectares de forêt; mené des opérations forestières pendant des années sans plans d’aménagement approuvés; surexploiter des milliers d’arbres; exploiter de nombreuses espèces sans autorisation; exporter des centaines de milliers de grumes au-delà de leur quota autorisé. Pire, elles ont évité de payer des millions de dollars d’impôts via des méthodes sophistiquées de prix de transfert. La portée et l’ampleur des illégalités révélées sont sans précédent dans la région.
Selon les représentants du Groupe Dejia qui ont rencontré des enquêteurs sous-couverts d’EIA au Gabon et en République du Congo, le succès du modèle entrepreneurial suivi par leur groupe n’a été possible que grâce aux pots-de- vin fréquents versés à un vaste réseau de responsables, y compris certains ministres. Les représentants du Groupe ont expliqué en détail les systèmes de corruption en cours dans les deux pays.
Un vaste réseau de corruption
Au fil des ans, le Groupe Dejia a créé et alimenté un vaste réseau de responsables corrompus. Ce réseau est au centre de leur modèle entrepreneurial, de la culture institutionnelle et de la croissance du Groupe. Il est à l’origine de l’établissement du Groupe et de son expansion dans le bassin du Congo, en commençant par l’attribution truquée des droits de coupe sur de grandes étendues de forêt tropicale.
Le Groupe Dejia a été l’un des précurseurs des investissements chinois en Afrique. Il comprend plusieurs sociétés affiliées impliquées dans la récolte, le transport, la transformation et l’exportation du bois, y compris Sino Congo Forêt (SICOFOR) et Congo Dejia Wood Industry (CDWI) au Congo. Au Gabon, elle comprend les Sociétés de Sciage de Moanda (SSMO) et des Bois de Mounana (SBM). En tout, les filiales du Groupe contrôlent plus de 1,5 million d’hectares dans le bassin du Congo.
Avec EIA





























