Dans ses perspectives économiques pour la sous-région Afrique centrale publiées ce mois de janvier 2022, la Banque africaine de développement (BAD) donne les raisons et en même temps, fournie des pistes pour améliorer la situation des finances des Etats.
Dans son rapport, l’institution bancaire panafricaine estime que les soldes primaires seront nécessaires pour stabiliser la dette après 2021 et revenir aux niveaux d’avant la Covid-19 pour les économies pétrolières de la CEMAC.
En effet, projette-t-elle, les pays seront confrontés à des scénarios d’ajustement douloureux, en particulier la République du Congo et le Gabon. Pour la République démocratique du Congo, les plus grands défis concerneront l’accès aux marchés financiers internationaux pour financer les infrastructures et approfondir les marchés intérieurs en vue de mobiliser des ressources pour des investissements à long terme.
Pour ce faire, tous les pays de la région doivent se fixer des objectifs clairs pour la gestion de leurs dettes et les soutenir à l’aide d’une gouvernance saine et des stratégies prudentes de gestion des coûts et des risques.
Par ailleurs, les pays peuvent opter pour des restructurations, le statu quo ou les deux (même si le statu quo ne peut pas remplacer la restructuration de la dette si celle-ci n’est pas soutenable. Les pays de la CEMAC n’ont aucune voie de sortie facile, compte tenu du niveau élevé du service de la dette.
En outre, la réduction des flux de capitaux et des investissements directs étrangers après la Covid-19 constituera un autre défi que ces nations devront relever. Historiquement, les flux de capitaux en direction des pays en développement ont été négativement corrélés avec la part des pays en cessation de paiement dans le monde.
La BAD préconise un certain nombre d’options à prendre à cet effet. Celles-ci inclues entre autres : la préparation de cadres budgétaires à moyen terme, qui vise un équilibre entre les recettes et les dépenses prévues ; la création de cadres rigoureux pour la soutenabilité de la dette ; la mise à profit des initiatives mondiales d’allègement de la dette.
S’agissant des pays comme le Gabon qui peuvent emprunter sur le marché la BAD estime qu’il est nécessaire d’éviter de nouvelles dégradations de la dette souveraine et de restaurer l’accès aux financements obligataires internationaux à des coûts d’emprunt bas, tout en sachant que l’emprunt sur le marché régional est la meilleure option.
Quant aux pays à plus faible revenu ou à revenu intermédiaire (tranche inférieure) comme le Cameroun, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République du Congo et le Tchad, ils pourraient tirer parti de l’ISSD et d’autres politiques pour réduire le service de la dette.
En ce qui concerne la République du Congo, il importera d’engager une consolidation budgétaire et une restructuration de la dette avec les créanciers privés et la Chine. Dans ce cas, la dette consolidée doit prendre en compte toutes les dettes du pays.



















