Le Gabon qui se heurte à de sérieuses difficultés économiques et sociales va de nouveau passer par les fourches caudines du Fond monétaire international (FMI) pour améliorer le cadre macroéconomique. L’annonce a été faite, ce 9 janvier 2025, par le président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’occasion de la réception des vœux de nouvel an, du Corps diplomatique et représentants des organisations internationales accrédités au Gabon.
Dans son discours de circonstance, Brice Clotaire Oligui Nguema a décliné l’agenda international du pays dans le court et moyen termes, non sans remercier les diplomates pour leur implication dans le processus de transition en cours actuellement dans le pays. Il a exprimé sa volonté d’élargir les partenariats internationaux en annonçant la disponibilité du Gabon à accueillir la tenue prochaine de deux événements majeurs dont le Sommet de l’Union Africaine en 2027, soit cinquante ans après celui de l’OUA tenu à Libreville en 1977, ainsi que le 60e anniversaire de l’OIF en 2030.
Dans cette lancée, le président de la Transition a également annoncé le recours au Fond monétaire international (FMI) pour assainir les finances publiques et améliorer le cadre macroéconomique. « Nous sollicitons une assistance technique du Front monétaire international (FMI) pour nous aider à assainir nos finances publiques et améliorer notre cadre macroéconomique », a-t-il déclaré. Avant de préciser que : « Cet accompagnement technique permettra également de mettre en place un programme économique et financier, arrêté en accord partie entre le Gabon et le FMI ».
Pour rappel, le dernier programme du FMI avec le Gabon, d’une durée de trois ans avait été approuvé le 28 juillet 2021, par le conseil d’administration du FMI au titre du Mécanisme élargi de crédit (MEDC). Selon ses termes, Libreville devait bénéficier d’un montant de 388,8 millions de DTS (environ 553.2 millions de dollars). Mais après deux revues achevées, il a été suspendu du fait de plusieurs insuffisances sur sa mise en œuvre. Des insuffisances qui révèlent que seul 1 des 16 repères structurels prévus pour 2022-2023, a été́ atteint par l’ancien régime.
Ce programme visait à soutenir la réponse à court terme à la crise de la COVID-19 et à jeter les bases d’une croissance post-pandémie forte, verte, tirée par le secteur privé et qui profite à tous les Gabonais. Ses réformes étaient axées sur la création d’un espace budgétaire pour les dépenses sociales prioritaires, la réduction de la vulnérabilité de la dette, le renforcement de la gouvernance et de la transparence, et l’amélioration de l’inclusion financière.
Malgré un contexte économique sous-régional et mondial morose, le pays semble toutefois bénéficier d’un état de grâce. Les dernières consultations du Conseil d’administration du FMI tenues au mois de mai 2024, le prouvent également à suffisance. Une nouvelle dynamique est insufflée au partenariat entre le Gabon avec le FMI. A preuve, les administrateurs du Fonds ont ainsi approuvé le contenu de l’évaluation des services. Ils ont en outre, salué le rebond de la croissance et la baisse de l’inflation après de multiples chocs domestiques.
Ils ont cependant noté que le caractère actuellement expansionniste de la politique budgétaire et la persistance de faiblesses structurelles et de gouvernance, amplifiés par les risques externes, posent des défis significatifs pour l’économie. Ils n’ont pas également omis de souligner que les perspectives économiques du Gabon dépendront de la capacité des autorités à s’orienter vers un modèle de gouvernance plus transparent et inclusif, tout en corrigeant les déséquilibres budgétaires et en diversifiant l’économie pour stimuler la croissance et lutter contre la pauvreté. L’urgence d’une consolidation budgétaire décisive pour garantir la viabilité des finances publiques, tout en préservant la capacité à répondre aux importants besoins sociaux et de développement reste également de mise.
Le FMI a également encouragé à une plus grande efficacité budgétaire et l’accroissement des marges budgétaires grâce à l’adoption de mesures fiscales. Non sans noter qu’un engagement ferme en faveur de bonnes pratiques de gestion des finances publiques sera crucial pour renforcer la position budgétaire. Ils ont salué la consolidation du Compte Unique du Trésor et la numérisation des services du gouvernement, et ont encouragé les autorités à remédier aux lacunes, qui subsistent, relatives à la gestion des entreprises publiques, de la dette et des investissements, ainsi qu’à la gestion de la masse salariale et de la fonction publique.
Les administrateurs ont souligné l’importance d’améliorer la gouvernance et la transparence des comptes publics. Tout comme ils ont salué l’engagement pris par les autorités dans ce domaine et noté que le reporting transparent des comptes publics récents est une première étape importante. De ce fait, ils ont appelé à des efforts supplémentaires, notamment la comptabilisation et la présentation exhaustives des comptes publics, des actifs et des passifs du secteur public, la publication des contrats miniers, et une meilleure évaluation de la contribution potentielle des recettes du secteur minier. Ils ont encouragé les autorités à poursuivre leur engagement avec le Fonds monétaire international, y compris à travers le renforcement des capacités, pour soutenir leurs efforts de réformes.
Toujours dans le cadre du retour à la sérénité, en marge des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, au cours d’une séance de travail avec Abebe Aemro Selassie, directeur du Département Afrique du FMI, les progrès du Gabon en matière de réformes structurelles centrées sur une meilleure mobilisation des ressources internes et une rationalisation des dépenses ont été salués par le Fonds.



















