Dans son rapport, la Banque africaine de développement faits avoir qu’au fur et à mesure que l’économie mondiale se redressera et que la pandémie sera maîtrisée, en 2021/2022, l’Afrique centrale devrait connaître un regain de l’activité économique sous l’impulsion d’une hausse des prix de pétrole et du renforcement des activités commerciales.
Par conséquent, elle table sur une amélioration considérable de la situation budgétaire dans tous les sept pays de la région. Toutefois, souligne-t-elle, le commerce et l’investissement direct étranger resteront probablement atones, car les investisseurs continuent de trouver que le climat des affaires dans la région est difficile.
En outre, l’augmentation de la dette extérieure et intérieure réduira les marges de manœuvre budgétaires et empêchera les gouvernements d’entreprendre des investissements à moyen terme dans des projets porteurs de croissance.
Seulement, la région n’a pas de véritable réel leader économique qui puisse agir comme un catalyseur de croissance, et la fragilité structurelle entrave la capacité de nombreux pays à réaliser des performances déplorent les analsystes de la BAD.
Par exemple expliquent-ils, le Cameroun pourrait rebondir lentement, étant affaibli par le manque d’un moteur de croissance robuste. En dépit des réformes, le Gabon ne devrait pas non plus afficher des performances de croissance exceptionnelles.
Seul le Tchad devrait enregistrer un taux de croissance de 5 % ou plus en 2021/2022, bien qu’une actualisation des données soit nécessaire, au vu de la situation sécuritaire et politique.
La République du Congo et la Guinée équatoriale devraient s’en sortir tant bien que mal, avec des problèmes de gouvernance, une dette croissante et des difficultés à obtenir un financement extérieur adéquat.
Les perspectives économiques de la République démocratique du Congo pour 2021-2022 devraient rester favorables, à condition que la pandémie soit maîtrisée et que la demande mondiale reprenne ; mais les pressions inflationnistes et la situation sécuritaire peuvent affecter la reprise à moyen terme. La République centrafricaine, seul pays non pétrolier de la région, affichera une performance moins dépendante des prix du pétrole, mais sera confrontée à des problèmes liés à l’incapacité du gouvernement à contrôler tout le territoire national.
Les huit principaux risques qui pèsent sur les perspectives de l’Afrique centrale
– L’Afrique centrale demeure très sensible à la volatilité des prix du pétrole et pourrait subir les contrecoups de la baisse de la production pétrolière dans le monde et de l’utilisation accrue des sources d’énergie renouvelables.
– Le manque de volants de sécurité budgétaire et de politiques monétaires flexibles dans les pays de la CEMAC pourrait empêcher une reprise vigoureuse. Étant donné que les recettes de ces pays dépendent fortement du pétrole, ils pourraient ne pas disposer de ressources suffisantes pour couvrir plusieurs mois d’importations. Ainsi, les politiques budgétaires et monétaires seront de plus en plus utilisées pour soutenir le taux de change fixe du CFA, ce qui réduira potentiellement les marges de manœuvre budgétaires.
– L’augmentation des ratios dette/PIB pourrait également restreindre les marges de manœuvre budgétaires et mettre à mal les investissements publics à long terme.
– De même, l’arrimage surévalué de la monnaie de la région à l’euro pourrait continuer à entraver la compétitivité et empêcher la diversification, tout en constituant une taxe sur les exportations et une subvention aux importations.
– Les pays de la région hésitent encore à entreprendre des réformes structurelles profondes, notamment pour accroître la compétitivité et renforcer la gouvernance et la transparence.
– Les défis sécuritaires (en particulier au Cameroun, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo) continueront d’influer négativement sur la croissance et le bien-être.
– Les bilans des sociétés financières et des petites et moyennes entreprises de la région continueront de se heurter à des difficultés, malgré la reprise à l’échelle mondiale.
– Enfin, l’Afrique centrale sera confrontée à la concurrence d’autres régions du continent et du monde.
Croissance du PIB réel en Afrique centrale et dans d’autres pays en développement, 2020–22 (en pourcentage)




















