L’Hôtel de Ville de Paris organise une conférence internationale axée sur la préservation des forêts d’Afrique centrale le 6 octobre 2021. Elle rassemblera des acteurs des pouvoirs locaux, des représentants du monde associatif, universitaire et de l’entreprenariat, ainsi que des experts et des grands témoins européens et africains qui appelleront à la nécessité d’agir pour préserver cette région.
L’objectif principal de cette rencontre porte sur la compréhension et la préservation des forêts d’Afrique centrale et ses populations. Elle sera articulée autour de plénières et de tables rondes, et portera notamment sur quatre enjeux cruciaux : la préservation de la forêt équatoriale africaine et sa biodiversité ; le rôle central des populations ; la lutte contre le réchauffement climatique et le développement de nouvelles pratiques agricoles et alimentaires
Cette rencontre devrait aboutir à une réflexion profonde sur la valeur de la production de bois légal et certifié pour l’avenir des forêts d’Afrique centrale.
« Plus que jamais, les forêts gérées durablement sont une solution pour l’avenir des bassins forestiers tropicaux, pour la lutte contre la déforestation et bien sûr pour le climat. Les marchés doivent reconnaître les efforts des entreprises et des gouvernements qui encouragent la certification », indiquent les organisateurs.
Par ailleurs, la Mairie de Paris, qui préside la Société pour la livraison des ouvrages olympiques (SOLIDEO) devrait donner l’exemple et ouvrir la porte au bois tropical certifié, au lieu de les bannir de son cahier des charges, et ce, d’autant plus que de nombreuses personnalités, concernées par cette production durable, vont participer à cette Conférence.
La conférence sera appuyée par un comité scientifique international qui devrait alerter les organisateurs de cette rencontre. De nombreuses personnalités seront conviées à participer et à prendre des engagements en faveur de la préservation des forêts d’Afrique centrale et de ses populations.
Le choix du Gabon à cette rencontre n’est pas fortuit. En effet le pays dont la forêt couvre près de 90% de son territoire arbore depuis quelques temps déjà, le maillot jaune en matière de persévération de sa forêt. En guise de compensation, il est devenu le premier pays d’Afrique à recevoir des paiements pour cette cause.
Le 22 septembre dernier, un accord historique à bien des égards, de 150 millions de dollars avait été signe entre le Gabon et la Norvège dans le cadre de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI). «Je suis très heureux de ce partenariat axé sur les résultats entre le Gabon et CAFI, qui inclut un prix plancher du carbone historique à 10 dollars américains la tonne, pour mieux inciter le Gabon à continuer à préserver sa forêt tropicale. C’est une avancée majeure pour la REDD+ en Afrique, » avait alors déclaré Ola Elvestuen, Ministre norvégien du Climat et de l’Environnement.
«L’accord prend correctement en compte le statut particulier du Gabon en tant que pays à forte couverture forestière et à faible taux de déforestation. Le pays est recouvert à 88% de forêts et j’espère que notre partenariat pourra les aider à atteindre leur objectif de maintenir 98% (de ce couvert forestier) à l’avenir», avait-il souligné.
Cet accord récompensera à la fois les performances passées – résultats vérifiés depuis 2016 par rapport à la précédente décennie (2005-2014) – et les résultats futurs, en procédant à des paiements annuels jusqu’en 2025.
« Nous devons augmenter la valeur des forêts tropicales gabonaises, afin de garantir que la conservation et l’exploitation durable puissent être utilisées comme outils pour améliorer le niveau de vie de la population gabonaise en créant des emplois et des moyens de subsistance, tout en préservant nos trésors naturels et nos écosystèmes riches en biodiversité, » avait quant à lui, commenté le Professeur Lee White, le ministre gabonais de la Forêt, de la Mer, de l’Environnement, chargé du Plan climat.
Pour la première fois, les efforts d’un pays d’Afrique sont valorisés dans un contrat de dix ans pour la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre due à la déforestation et à la dégradation, et pour l’absorption du dioxyde de carbone par ses forêts naturelles. L’accord inclut un signal de prix important en fixant le prix plancher du carbone à 10 dollars la tonne lorsque les résultats sont certifiés et à 5 dollars pour le cas contraire.
Dans ce droit fil, le Gabon a préservé la majorité de sa forêt vierge préservée depuis le début des années 2000 en créant 13 parcs nationaux, dont l’un est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le pays a considérablement progressé dans la gestion durable de ses ressources en bois hors des parcs. En conséquence, alors qu’il ne possède que 12 pour-cent des forêts du bassin du Congo, le Gabon héberge près de 60 pour-cent des éléphants de forêt qui subsistent en Afrique – un indicateur clé de bonne gestion des ressources naturelles.
Avec le Gabon, les dirigeants de la région se sont mobilisés pour mettre en avant, lors du Sommet, le rôle des forêts tropicales d’Afrique centrale dans la lutte contre le changement climatique. Appelée «deuxième poumon» de la Terre .en effet, la forêt tropicale de la région couvre un territoire aussi vaste que l’Europe occidentale et, avec les tourbières qu’elles abritent, stockent jusqu’à 70 milliards de tonnes de carbone, ce qui équivaut à 5 à 10 années d’émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Y interviendront au cours de cette rencontre de Paris, notamment des personnes avec lesquelles travaille et interagit l’ATIBT, comme Jean Bakouma, Directeur de la conservation du bassin du Congo au WWF, Claude Garcia, chercheur au CIRAD, Stéphane Glannaz, directeur commercial chez Precious Wood, ou encore Alain Karsenty, économiste au CIRAD, sans oublier le ministre camerounais de la Forêt et de la Faune, Jules Doret Ndongo.


















