Début 2018, la branche Afrique du Groupe Rougier annonçait un dépôt de bilan. Ce fut un choc pour la profession forestière tropicale et les observateurs de l’industrie du bois en Afrique.
Entreprise familiale cotée en bourse, la société Rougier – fondée en 1923 à Niort – est une des plus anciennes et des plus importantes sociétés exploitant du bois en Afrique. Ses premières exploitations d’okoumé ayant commencé dans les années cinquante au Gabon, elle est également présente au Cameroun, au Congo et, depuis 2015, en RCA.
La surface totale détenue en concession par le groupe Rougier s’élève à plus de 2,3 millions ha et celui-ci emploie 3 000 salariés, essentiellement en Afrique.
Le groupe a cédé ses concessions au Cameroun à un entrepreneur national d’import-export, Sodinaf, sans références en foresterie. Rougier semble se replier sur sa filiale du Gabon, les activités en RCA étant cédées, tandis que le sort de celles du Congo Brazzaville n’était pas encore arrêté fin 2018.
Les raisons indiquées par la direction du groupe pour ce dépôt de bilan renvoient à des problèmes connus et qui sont communs à l’ensemble de la filière exportatrice.
À l’engorgement du port de Douala d’où partent les produits bois de la plupart des entreprises du Cameroun (mais aussi du Congo et de la RCA) après un long acheminement en train ou en camion, s’ajoutent les retards croissants de remboursement de la TVA aux exportateurs par les États d’Afrique centrale. Ces problèmes affectent également d’autres sociétés forestières, européennes pour la plupart, qui ont dû céder une partie de leurs actifs en 2017-2018.
En 2017, le Groupe Wijma Cameroun, à capitaux hollandais, a dû céder à une entreprise concurrente (Vicwood SA, dont le siège est à Hong-kong) deux de ses cinq concessions forestières au Cameroun.
En fin d’année 2018, la société Cafeco, filiale de Wijma, a dû fermer son usine de Nguti, du fait des problèmes de sécurité liés au conflit dans la zone anglophone du Cameroun. La société italienne Cora Wood SA, fabricant réputé de contreplaqué établi au Gabon, a dû céder une de ses concessions à une société chinoise pour éponger ses dettes.





























